30 août 2018
Passage à niveau du Grand Rang
Pas de démantèlement sans l’autorisation du MTQ
Par: Le Courrier
Pas de démantèlement sans l’autorisation du MTQ

Pas de démantèlement sans l’autorisation du MTQ

Comme le Grand Rang est une route collectrice dont la gestion incombe au ministère des Transports, toute modification entreprise sur cette artère empruntée quotidiennement par 6 700 véhicules doit être préalablement autorisée par Québec. Photothèque | Le Courrier ©

Comme le Grand Rang est une route collectrice dont la gestion incombe au ministère des Transports, toute modification entreprise sur cette artère empruntée quotidiennement par 6 700 véhicules doit être préalablement autorisée par Québec. Photothèque | Le Courrier ©

Même si elle se dit convaincue du contraire, la Ville de Saint-Hyacinthe ne pourra autoriser le Canadien National (CN) à procéder au démantèlement du passage à niveau du Grand Rang et à créer ainsi deux culs-de-sac, sans l’accord du ministère des Transports du Québec, a appris LE COURRIER.

Dans la classification des voies de circulation, le Grand Rang est identifié comme « collectrice » par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports (MTQ).

Une route collectrice sert à canaliser la circulation vers des routes plus importantes. À ce titre, le Grand Rang appartient au réseau routier supérieur et relève de la responsabilité du MTQ. À partir de 1993, toutes les routes locales qui ont été élevées au rang de collectrice l’ont été par décret de l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs par le décret du 3 mars 1993 que le Grand Rang est devenu une route collectrice relevant du MTQ.

« Dans le cas ou l’on désirerait démanteler le passage à niveau du Grand Rang, le Ministère serait interpellé par ses partenaires. Une entente devrait être établie entre les parties concernées », a précisé Josée Séguin, porte-parole à la direction régionale du MTQ pour la Montérégie.

Voilà qui confirme la justesse d’une information transmise au COURRIER dans ce dossier par le bureau de la députée Chantal Soucy. Le MTQ lui avait déjà confirmé que le Grand Rang se trouvait parmi les routes dont la gestion incombe au Ministère et qu’aucune demande concernant des modifications à apporter au croisement de la route avec la voie ferrée ne lui avait été transmise.

En mai, la Ville de Saint-Hyacinthe a pourtant signé une convention avec le CN dans le cadre de la construction de l’étagement ferroviaire qui permettra le prolongement du boulevard Casavant Ouest. Dans ce document, qui n’a pas été rendu public, le CN s’engage à entretenir à ses frais le futur ouvrage à condition que le passage à niveau du Grang Rang soit retiré. Les raisons invoquées sont principalement d’ordre sécuritaire, selon Louis Bilodeau, directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Or, du côté du CN, on semble s’en remettre uniquement à la Ville de Saint-Hyacinthe pour obtenir l’autorisation de démanteler ce passage à niveau. « Une entreprise ferroviaire ne peut, en aucun cas, fermer définitivement un passage à niveau sans une entente avec l’autorité compétente », nous avait mentionné en mars par courriel Jonathan Abecassis, porte-parole du Canadien National.

Selon la direction générale de la Ville, l’autorité routière compétente à cet endroit précis est la municipalité et non le MTQ. M. Bilodeau considère en effet que le Grand Rang n’étant pas une route numérotée, l’autorisation du MTQ n’est pas requise. Cela ne concorde pas avec les renseignements que nous avons obtenus du Ministère.
Puisqu’il semble que cela soit Québec, et non la Ville de Saint-Hyacinthe, qui représente l’autorité compétente dans le cas du Grand Rang, logiquement, c’est au MTQ que le CN aurait dû s’adresser.

Selon les estimations du Ministère, le débit journalier moyen de la circulation sur le Grand Rang, à la hauteur du passage à niveau, se situait à 6 700 véhicules en 2016.

Cette route collectrice constitue une liaison directe avec l’autoroute 20.

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