22 décembre 2011
La garderie de Saint-Simon mord la poussière
Pas de petits trésors à 7 $
Par: Le Courrier
La garderie de Sabrina Messier et Marie-Michèle Guénette, à Saint-Simon, est exclue d'emblée du processus d'attribution de 15 000 nouvelles places à 7 $.

La garderie de Sabrina Messier et Marie-Michèle Guénette, à Saint-Simon, est exclue d'emblée du processus d'attribution de 15 000 nouvelles places à 7 $.

Depuis son ouverture en 2010, la garderie L’île aux petits trésors de Saint-Simon a été placée, avec succès, au coeur du plan de relance de la municipalité. Mais voilà, comme des centaines d’autres garderies privées non subventionnées, le plus grand trésor de Saint-Simon est exclu du processus d’appels d’offres menant à l’attribution de 15 000 nouvelles places à 7 $.

Le fait est que le ministère de la Famille a choisi de privilégier la création de nouvelles places plutôt que de subventionner des garderies déjà en service.

À Saint-Simon, beaucoup d’argent et d’espoir ont pourtant été investis dans l’aménagement de la garderie comme pivot de revitalisation de la municipalité, rudement mise à l’épreuve par la fermeture de l’usine Olymel en 2007. À la recherche d’un projet porteur, les élus avaient versé 100 000 $ dans la transformation de l’ancienne caisse populaire en une garderie moderne qui s’anime sous le thème des pirates.« Depuis le début, notre plan, c’était d’être prêt lorsque de nouvelles places à 7 $ seraient accordées par le ministère de la Famille », se désole Marie-Michèle Guénette. Avec sa collègue Sabrina Messier, elle a porté à bout de bras ce projet d’envergure. Dès les travaux de construction, les deux partenaires d’affaires avaient versé des sommes supplémentaires afin de répondre à toutes les exigences du Ministère, notamment en perçant de nouvelles fenêtres et en rapetissant une pièce trop grande selon les critères gouvernementaux.« La garderie existe déjà. On répond à toutes les normes. Et on se fait couper l’herbe sous le pied, laisse tomber Mme Guénette, désabusée. Je ne comprends pas pourquoi le Ministère exclut des garderies dont on connaît déjà le succès et les atouts. »À l’heure actuelle, L’île aux petits trésors accueille 26 apprentis pirates, sur une possibilité de 34 places. Leurs parents doivent débourser 32 $ par jour pour les faire monter à bord du bateau. « On vit des hauts et des bas. Chaque fois que des places à 7 $ se libèrent ailleurs, on perd des enfants. Ça nous place dans une situation de précarité financière et c’est pour cette raison qu’on a besoin de subventions. C’est comme David qui se bat contre Goliath », souligne Mme Guénette.Les deux éducatrices et gestionnaires se retroussent néanmoins les manches. Leur garderie leur apporte tous les jours de grands moments de bonheur. Leurs propres enfants comptent parmi les moussaillons. « On ne veut pas laisser tomber tout ça. On prend les bouchées doubles. Mais si on n’a pas les places à 7 $ tôt ou tard, ce ne sera plus viable et nous devrons fermer nos portes. »

Appui des élus

Les propriétaires de L’île aux petits trésors, tout comme les élus de Saint-Simon, espèrent que la ministre de la Famille changera son fusil d’épaule.

Depuis l’ouverture de la garderie, en octobre 2010, deux promoteurs ont investi dans la municipalité et pas moins de 35 nouvelles résidences ont été construites à Saint-Simon. La garderie a par ailleurs créé six nouveaux emplois, ce qui n’est pas négligeable pour la petite communauté. « Nous comptions sur notre nouvelle garderie pour attirer les jeunes familles, note le maire Normand Corbeil dans une missive adressée à Yolande James, cosignée par les députés provincial et fédéral. Nous osons espérer que vous pourrez inclure les garderies déjà fonctionnelles dans votre appel de projet, compte tenu des particularités de notre communauté afin de relever le défi de la relance de notre municipalité. »

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