4 février 2016
Installations non conformes au centre aquatique
Pas de remous à la direction générale de la Ville
Par: Jean-Luc Lorry

La non-conformité de certaines installations du Centre aquatique ­Desjardins décrétée par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) semble loin de provoquer des remous à la Ville de Saint-Hyacinthe, qui est propriétaire des lieux, a constaté LE COURRIER.

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Lors d’une inspection effectuée en octobre 2014, les enquêteurs de la ­Régie ont identifié pas moins de six ­déficiences qui touchent ­l’ensemble des bassins du centre ­aquatique. Celles-ci avaient fait l’objet d’avis de corrections et de défectuosités qui avaient été adressés il y a un an à la Ville.

La RBQ demande entre autres à la ­municipalité d’éliminer les encoignures dans tous les murets sous le plan d’eau du bassin (bassins semi-olympique et multifonctionnel), de rendre conforme les escaliers vis-à-vis de la rampe d’accès ainsi que toute la ­promenade qui entoure le bassin récréatif et d’éliminer les mains courantes et les murets ­immergés dans l’eau de la piscine (bassin récréatif).

« Dans le Code du bâtiment, tout est ­sujet à interprétation. Nous sommes dans un registre normal d’inspection », atténue en entrevue au COURRIER, Louis Bilodeau, directeur général de laVille. Dès la réception des avis de défectuosités, M. Bilodeau précise que la ­municipalité avait interpellé la firme ­d’architecture ACDF qui avait obtenu le mandat d’établir les plans et devis du centre aquatique.

« La Régie du bâtiment a soulevé ­certaines irrégularités. Il y a un an, nous avons convenu avec les architectes du centre aquatique qu’ils prennent la suite du dossier en s’assurant qu’ils nous tiennent informés de l’évolution de la ­situation », indique le directeur ­général.

Prolongation de délai

Selon des documents obtenus auprès de la RBQ, la Ville de Saint-Hyacinthe a demandé à trois reprises (janvier, mars et avril 2015) un délai supplémentaire pour effectuer les travaux exigés par la Régie.

Dans une correspondance datant du 1er mai 2015, la Régie accorde à la municipalité une prolongation jusqu’au 6 juillet pour qu’elle soumette ses ­propositions pour corriger les défectuosités signalées.

En marge des échanges entre la Ville et la Régie, début 2015, deux formulaires de « Demande de prolongation de délai » signés par Denis Lavigne, ­architecte chez ACDF, ont été acheminés à la Régie.

« Des échanges avec la RBQ seront ­possiblement nécessaires pour exposer notre analyse et nos propositions de ­corrections s’il y a lieu. Une coordination avec le propriétaire est requise en ­raison des activités régulières. La ­présente ne signifie pas une reconnaissance de faute, la situation est en cours d’analyse », justifie M. Lavigne à propos de l’avis de défectuosité concernant le bassin semi-olympique. L’architecte ­indique sur le document que des travaux seront effectués approximativement le 30 août 2015 et que le nom de l’entrepreneur est à venir.

Les avis de corrections sont toujours en vigueur puisque la municipalité n’a procédé à aucune modification des bassins.

« Depuis le mois d’août, il y a des échanges entre la Régie et la municipalité, indique en entrevue au COURRIER, Sylvain Lamothe, porte-parole de la RBQ. Soit la Ville réalise les travaux demandés et remet un échéancier, soit les corrections s’avèrent être ­impossibles à faire sans démolir la ­piscine. La Ville pourrait alors procéder à des aménagements proposés par des experts et ­déposer une Demande de mesures ­différentes ou équivalentes. »

Visiblement accommodante, la Régie pourrait sévir dans le dossier dans le cas où la Ville abuserait des délais.

« Ultimement, la Régie pourrait ­entamer des procédures judiciaires parce que cela demeure des éléments ­réglementaires qui ne sont pas respectés. L’objectif est d’avoir des ­bassins qui soient conformes », prévient M. Lamothe.

Équipement sécuritaire

Selon les autorités municipales, les déficiences observées par la RBQ ne compromettent pas la sécurité des ­baigneurs.

« Dans ce dossier, rien ne commande une action rapide pour protéger les ­usagers du Centre aquatique ­Desjardins. Il n’y a pas de raison d’être alarmiste », soutient Louis Bilodeau.

Rappelons qu’en février 2014, une ­adolescente s’était blessée en heurtant une rampe métallique ­installée dans le bassin récréatif destinée aux ­personnes à mobilité réduite. Cet ­accident avait incité la Régie du bâtiment à inspecter les lieux.

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