8 août 2013
Préparation physique
Pas de repos durant la saison morte
Par: Maxime Prévost Durand
La clé d'une bonne forme physique lors du camp d'entraînement, au hockey par exemple, se traduit par un travail ardu en gymnase durant la saison morte. Sur la photo, Philippe Desrosiers, gardien de l'Océanic de Rimouski, en séance d'entraînement avec le préparateur physique Mario Beaulac.

La clé d'une bonne forme physique lors du camp d'entraînement, au hockey par exemple, se traduit par un travail ardu en gymnase durant la saison morte. Sur la photo, Philippe Desrosiers, gardien de l'Océanic de Rimouski, en séance d'entraînement avec le préparateur physique Mario Beaulac.

Peu importe le sport pratiqué, la saison morte est loin de signifier l’arrivée de vacances pour les athlètes de haut niveau. Au contraire. Ils en profitent pour travailler en gymnase divers aspects de leur préparation physique, que ce soit pour prendre de la masse musculaire ou pour travailler leur agilité. Et le préparateur physique est là pour faire sortir le meilleur d’eux-mêmes et les amener encore plus loin.

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Mario Beaulac entraîne plusieurs athlètes de haut niveau à Saint-Hyacinthe. Pour la plupart, ce sont des joueurs de hockey. Philippe Cadorette, Nikolas Brouillard, Philippe Desrosiers, les frères Anthony et Francis Beauvillier, même Marc-André Bourdon, des Flyers de Philadelphie, sont de ceux qui s’entraînent avec lui durant la période estivale.

Depuis huit ans, il suit divers athlètes durant l’été, afin de les aider à atteindre leurs objectifs dans leur préparation physique, question d’être au meilleur de leur forme à l’approche des camps d’entraînement.« Durant la saison, on s’entraîne seulement lorsqu’on peut », affirme Mathieu Ayotte, qui a terminé la dernière saison avec les Gaulois du Collège Antoine-Girouard. « C’est surtout un maintien de la forme physique, ajoute Philippe Cadorette, gardien de but du Drakkar de Baie-Comeau. L’été, c’est là qu’on fait le gros du travail physique et l’entraînement avec un préparateur physique joue un rôle très important. »« Au hockey, il y a eu un temps où le plus important était simplement de prendre le plus de masse musculaire possible, raconte Mario Beaulac. Maintenant, la réalité a changé. Oui, il faut toujours prendre de la masse musculaire, mais on travaille aussi l’agilité. La base reste la même, mais il faut constamment adapter les entraînements en fonction de la réalité actuelle de chaque sport. »Pour certains joueurs, la prise de masse musculaire est toutefois nécessaire afin de poursuivre leur ascension vers les hauts niveaux. « Au cours des trois dernières années, je suis passé de 110 lbs à 150 lbs, dit Anthony Beauregard, capitaine de l’édition 2012-13 des Gaulois. Le travail en gymnase avec un préparateur physique me permet d’atteindre mes objectifs au plan physique et d’arriver fin prêt au camp d’entraînement. »Si le hockey prend une grande place dans l’univers du préparateur physique, des athlètes d’autres sports font aussi appel à ses services. « Avant, je n’avais que des joueurs de hockey. Mais depuis quelques années, des athlètes d’autres sports viennent s’entraîner avec moi. C’est aussi agréable de préparer des entraînements pour un joueur de basketball ou une skieuse acrobatique. J’ai dû me creuser la tête un peu et trouver des exercices spécifiques à ces sports. Parfois, en fouillant, je trouve même des exercices dédiés au basket, par exemple, qui peuvent aussi bien servir pour un autre sport. »C’est aussi bien plus que de simplement être dans sa meilleure forme. Certains exercices visent spécialement à renforcer certaines parties du corps afin d’éviter les blessures. « Mieux vaut prévenir que guérir les blessures. On travaille beaucoup les épaules et les hanches, ça permet d’en éviter une grande partie », croit Mario Beaulac.Les joueurs questionnés voient tous un grand impact de ces entraînements lors de la saison suivante, récoltant le fruit de leurs efforts. « Lorsqu’on s’entraîne hors glace, on ne voit pas tout de suite les bénéfices que cela nous apporte. C’est surtout durant la saison que l’on remarque qu’on peut être en meilleure forme sur une plus longue période, fait remarquer Philippe Cadorette. Si une saison j’ai disputé une quarantaine de matchs, la saison suivante je pourrai sans doute en jouer une cinquantaine », observe-t-il.L’aspect mental n’est pas à négliger non plus selon le préparateur physique rencontré par LE COURRIER. « On parle beaucoup durant les entraînements, c’est important que ces athlètes aient pleinement confiance en leur potentiel », estime-t-il. Il s’agit là parfois du petit ingrédient manquant pour leur permettre d’étaler l’étendue de leur talent.

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