16 janvier 2014
Effets sur l'environnement
Pas d’étude d’impact pour Veolia
Par: Le Courrier

La construction, dans le parc industriel Théo-Phénix, d’une usine de régénération d’huiles usées et d’autres substances dangereuses par la multinationale française Veolia est un projet qui n’a pas été soumis à la procédure d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement.

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Mais est-il normal que la construction de telles installations soit soustraite à la procédure, alors que le projet s’apparentait à d’autres qui sont visés par la Loi sur la qualité de l’environnement et qui doivent passer par la procédure?

La question a été posée au ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs (MDDEFP), mais ses représentants prétendent qu’aucune définition dans la loi ne permet de conclure que le projet Véolia y était assujetti.Le Règlement sur l’évaluation et l’examen des impacts sur l’environnement stipule pourtant que la construction d’une raffinerie de pétrole, de même que la construction d’une usine pétrochimique sont des projets assujettis, et cela ressemble fort aux activités de Veolia. Une source proche de Veolia a même confirmé au COURRIER que sur le plan technique, les procédés utilisés par Veolia à Saint-Hyacinthe – et qui font l’objet de plaintes en raison d’odeurs incommodantes – constituent bel et bien de la pétrochimie.Mais Lyne Longpré, directrice adjointe par intérim au MDDEFP pour la Montérégie et l’Estrie, secteur industriel, affirme que dans le cas de Veolia, il faut parler de régénération d’huiles usées, et non de raffinage. « Ce n’est pas un type d’exploitation listé dans le règlement, cette activité là n’est pas visée. Oui, la raffinerie est visée, mais la régénération, ce n’est pas la même chose. Si vous allez à Montréal Est, vous verrez que ce n’est pas du tout le même procédé, » a-t-elle soutenu. En janvier 2010, en plus de renouveler le permis de Veolia pour l’entreposage d’huiles usées et autres matières dangereuses, le directeur régional du MDDEFP, Pierre Paquin, a aussi autorisé le promoteur à effectuer bien d’autres activités, dont l’installation d’un procédé de régénération des huiles usées, de même que des systèmes de traitement d’antigel usés, d’eaux huileuses et de graisses usées. Il a également permis l’utilisation d’huiles usées à des fins énergétiques.Si le projet Veolia avait été soumis à la procédure vers 2010, tout citoyen ou groupe aurait pu demander par la suite qu’il fasse l’objet d’un examen par le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Le projet aurait alors été scruté publiquement sous tous ses angles, ce qui inclut les activités de transport. La traverse à niveau de l’autoroute 20 par les trains desservant Veolia n’aurait sans doute pas échappé non plus à l’examen des impacts.

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