19 novembre 2020
Carte blanche
Pas trop pis pas tant
Par: Christian Vanasse
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Pis? On va-tu avoir un temps des Fêtes comme avant? Au moment de vous écrire, je n’en sais rien. De toute façon, ces temps-ci, ma seule certitude, c’est de n’être sûr de rien. Pis encore!

Facque, j’ai pas pris de chance, je me suis préparé au meilleur comme au pire. Je me suis fait livrer une demi-tonne de jarrets de porc, de viande hachée, pis de pâte à tourtière dans un conteneur rempli de sauce brune. Au pire, je mangerai des restants jusqu’au printemps sur des reprises de Ciné-cadeau.

Assis sur mes caisses d’atocas, j’épluche ma montagne de patates en attendant la décision finale. Combien d’invités? Les enfants seront-ils confinés? Les personnes âgées emballées sous vide? Et le « double-dip » dans la trempette sera-t-il enfin criminalisé?

Devant toutes ces questions, le gouvernement doit se sentir aussi à l’aise qu’un équilibriste s’apprêtant à traverser la Yamaska sur un fil de fer par grand vent en calant trois bouteilles de gin chaud pendant qu’on lui sacre des bines dins côtes.

Histoire de rester réaliste, mais sans tuer l’espoir, j’imagine qu’on nous répondra : « Oui, mais pas tant ». Des invités, oui, mais pas trop. Manger ensemble, oui mais pas trop longtemps. Des cadeaux oui, mais pas n’importe comment. Bref, un temps des Fêtes oui… mais pas trop pis pas tant. Entoucas, certainement pas comme « avant ».

Cet « avant » où le temps des Fêtes devenait trop souvent une course effrénée à l’excès, au débordement, pis à l’endettement avec trop de cadeaux, trop de bouffe pis trop de monde trop longtemps à la même place.

Et ce sera peut-être une bonne chose de vivre un temps des Fêtes pas trop pis pas tant. Un temps des Fêtes, pour une fois, reposant.

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