14 novembre 2019
Patrick Groulx : plus vieux, plus heureux
Par: Maxime Prévost Durand

Dans son quatrième one-man-show, Patrick Groulx se dit plus heureux que jamais. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le bonheur vient-il en vieillissant? Pour l’humoriste Patrick Groulx, une chose est sûre : à 45 ans, il n’a jamais été aussi heureux. C’est lui qui le dit. Et il l’aborde dans son plus récent one-man-show, GROULX, son premier après avoir pris une pause de la scène pendant près de cinq ans.

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« On est dans une société où personne ne veut vieillir. On se botox, on se photoshop. Et pourtant, plus on vieillit, plus on est heureux. C’est quand même bien fait la vie », philosophe l’humoriste, lors d’une entrevue accordée au COURRIER.

La réflexion lui est venue lorsqu’il a franchi le cap de la quarantaine. « Je me suis souvenu que mon père m’avait dit, quand lui a eu 40 ans, qu’il n’avait jamais été aussi heureux de sa vie. » Le constat a été le même dans son cas. Mais il s’est tout de même demandé quelle en était la raison. « La réponse selon moi, et je le dis dans le show, c’est que plus on vieillit, plus on se fout de ce que les gens pensent de nous. »

C’est avec cet état d’esprit qu’il a concocté ce nouveau one-man-show, en écrivant les trucs qui lui plaisent sur des sujets qui lui sont proches. Et ça donne un spectacle encore plus personnel que ses précédents, tout en restant aussi drôle.

Il ose même aborder la séparation qu’il a traversée, un numéro qui a d’ailleurs été approuvé par son ex-conjointe. Trouver le bon angle comique a toutefois été ardu. C’est du moins ce qu’il a constaté lorsqu’il a présenté le numéro les premières fois.

« Le but, c’est d’en parler [de la séparation]. Mais je me suis rendu compte en faisant ce numéro-là que c’est très tabou. Au début, il y avait un malaise dans la façon dont le numéro était présenté. Je me suis rendu compte que, moi, j’étais prêt à en parler d’une certaine façon, mais que tout le monde n’était peut-être pas prêt à l’entendre comme ça. C’est le numéro que j’ai travaillé le plus. »

Il s’est justement fait un devoir de roder le spectacle autant que possible pour en arriver à la version actuelle. Surtout qu’une aussi longue pause de la scène amenait sa part d’insécurité pour l’humoriste, malgré tout le bagage qu’il traînait avec ses trois one-man-shows précédents et une carrière longue de près de 30 ans.

« Je ne voulais pas revenir sur scène juste pour revenir. Je voulais que mon show soit solide et je voulais être bien préparé. J’avais peur que les gens se demandent ce que j’avais de bon à dire, après cinq ans d’absence, et qu’ils se demandent pourquoi ils viendraient me voir moi. Je ne tiens rien pour acquis. Honnêtement, je ne pense pas que les gens m’attendaient et ce n’est pas méchant. Il y a tellement d’offre maintenant. Je suis content de l’avoir fait comme ça parce que je voulais reconquérir mon public. Je veux mériter ma place. »

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a refait sa place dans le paysage humoristique avec ce spectacle. Déjà venu au Centre des arts Juliette-Lassonde en mars dernier, Patrick Groulx remontera sur la scène du Cabaret André-H.-Gagnon le jeudi 28 novembre.

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