23 janvier 2020
Carte blanche
Pays dépotoir
Par: Christian Vanasse
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Vous souvenez-vous quand Donald Trump avait parlé avec mépris des « shitholes countries », ces pays pauvres ressemblant à des dépotoirs à ciel ouvert? L’affaire avait fait grand bruit, puis fut oubliée dans le grand bruit des autres affaires. Mais en silence, les vidanges ont continué de s’accumuler.

Et si des pays ressemblaient à des dumps, c’était souvent parce qu’on y dumpait nos propres (sic) déchets. En échange de conteneurs de mangues et de cacao, on envoyait des conteneurs de seringues et de couches.

Mais comme on n’est pas des « shitholes countries », on valorise nos déchets! On n’envoie pas juste des vidanges, mais aussi du recyclage. Tout notre système fonctionne au credo du crédit : « Achète-pète-jète, pis recommence », dans la pensée magique que ça s’accumule nulle part. Si on le voit pas, ça existe pas. Faque, on a valorisé en masse. Ça a marché un bout. Mais là, Philippines, Malaisie, Indonésie, Cambodge nous renvoient nos conteneurs dans la face comme un boomerang en feu. La Chine et l’Inde n’achètent même plus notre recyclage. Pourquoi? À cause de matières trop souvent souillées, pis pas par des couverts de boîtes de pizza ou des morceaux de « stryrofoam », non… des seringues pis des couches. D’après moi, on consomme un peu trop de ces deux affaires-là. En plus, l’Inde et la Chine ont maintenant une classe moyenne qui consomme comme nous et donc, produisent leurs déchets qu’ils peuvent maintenant dumper en Afrique.

Tout le monde refuse nos rebuts, même valorisés. Pis quand ta matière ne vaut plus cher… elle reste dans ta cour. Et s’empile. Faque, à moins qu’on trouve une façon de faire de nouvelles gogosses avec nos déchets ou que l’on consomme moins de gogosses, nous risquons de devenir un « shithole country ».

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