13 octobre 2016
Le PQ de Jean-François Lisée
Pelletier sceptique, Dion emballé
Par: Benoît Lapierre

Les deux ex-députés souverainistes de la circonscription de Saint-Hyacinthe n’affichent pas le même degré d’enthousiasme à la suite de l’élection de Jean-François Lisée à la tête du Parti québécois, vendredi dernier.

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Léandre Dion, qui avait donné son appui à M. Lisée durant la course, saute carrément de joie. Mais Émilien Pelletier, qui préférait Martine Ouellette et son programme axé sur la promesse d’un référendum dès le premier mandat, se demande comment le nouveau chef va s’y prendre pour relancer le PQ.

« Il ne m’a pas convaincu de changer de cap, mais je vais laisser la chance au coureur de faire ses preuves. Son discours de vendredi m’a plu, il a fait honneur à sa réputation d’homme d’une grande prestance intellectuelle, mais j’attends de voir l’homme à l’œuvre. Moi, je suis plus un homme d’action que de paroles », a commenté M. Pelletier.

Il craint que le nouveau chef s’éloigne trop de l’article premier du programme du PQ, qui est de réaliser la souveraineté du Québec. « Mon analyse est simple : on a obtenu 25 % des voix aux dernières élections, et il y a 40 % de souverainistes au Québec. Si on veut aller les chercher tous, il faut parler d’indépendance avant 2019, sinon on perdra des voix au profit des tiers partis. Jean-François Lisée a une grosse commande sur les bras s’il veut faire la convergence. »

Pour sa part, Léandre Dion rejette totalement l’idée voulant que le nouveau chef soit tenté de mettre en veilleuse le projet d’indépendance. « C’est totalement faux. Si ça avait été le cas, je n’aurais jamais voté pour lui. Sur cette question-là, il a été très clair. Il a dit : je ferai ceci durant deux ans, je ferai cela durant quatre ans et après, à partir de 2022, je vous présenterai la souveraineté. Avant cela, il veut redresser la structure politique et économique du Québec », analyse-t-il.

Pour lui, l’élection de M. Lisée est un événement tout aussi marquant que l’arrivée de Jean Lesage comme chef du Parti libéral en 1960 ou celle de Jacques Parizeau à la direction du PQ en 1988. « Ce n’est pas seulement Jean-François Lisée qui a gagné, c’est tout le Québec qui a gagné. Je suis content que le nouveau chef soit celui qui a la plus grande capacité d’amener tous les Québécois vers quelque chose de beaucoup plus grand. »

Léandre Dion estime par ailleurs que la course à la direction du Parti québécois s’est déroulée de façon admirable, ce qui inclut l’accueil respectueux que les médias ont réservé au nouveau chef, selon sa perception. « Une démonstration de civisme aussi remarquable, je n’avais jamais vu ça, même au PQ. Et tout s’est terminé dans la bonne humeur! », a-t-il conclu. 

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