24 janvier 2019
Justin Trudeau à Saint-Hyacinthe
Pénible soirée
Par: Martin Bourassa

Long et inutile. C’est ainsi que j’ai résumé à l’adjointe à la rédaction du COURRIER ma pénible soirée passée à l’assemblée publique organisée à Saint-Hyacinthe vendredi pour entendre Justin Trudeau vanter et surtout défendre les politiques et les décisions de son gouvernement.

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Bien honnêtement, je comprends mal le but recherché par cette initiative, à part démontrer que notre premier ministre est accessible et qu’il n’a pas peur d’en découdre avec des gens qui ne pensent pas comme lui. Et il y en avait pas mal à Saint-Hyacinthe.

À commencer par des militants de La Meute et quelques « gilets jaunes » apprêtés à la sauce québécoise. On comprendra que de la profondeur, il n’y en a eu que très peu dans les échanges entre le premier ministre et ces gens-là, venus pour « animer » la soirée. L’un des participants identifiés à l’extrême droite s’est d’ailleurs lui-même expulsé de la soirée, après quelques insultes bien placées. Mission accomplie.

Pour vous décrire un peu l’allure de cette assemblée contradictoire, imaginez le premier ministre au centre d’une arène de boxe avec quelques dizaines de personnes aux quatre coins, dont très très peu de Maskoutains. Peut-être une quinzaine, et je suis généreux, parmi une foule estimée à 200. Pour la Trudeaumania et la mobilisation des forces libérales fédérales dans le comté de Saint-Hyacinthe-Acton, on repassera.

Malgré l’imposante présence policière, on n’a vu personne se faire refuser l’accès à la salle, même parmi les plus suspects. Aucun filtrage non plus dans les questions posées à main levée au premier ministre Trudeau, ce qui a donné lieu à quelques questions plus ou moins pertinentes, relevant davantage de préoccupations personnelles.

Justin Trudeau, bien qu’il ne soit pas l’orateur le plus charismatique, s’est montré généreux dans ses réponses. Parfois trop et souvent prévisible, surtout quand il a été question d’environnement et d’immigration, deux pommes de discorde évidentes.

À une agricultrice émotive qui lui reprochait d’avoir cédé sur la gestion de l’offre lors des négociations sur l’ALENA, il a promis juré craché que jamais plus il ne ferait de concessions à ce sujet, promettant des compensations que les agriculteurs eux-mêmes seront invités à établir en collaboration avec le politique.

Même à une question sortant des sentiers battus sur le message qu’il aimerait passer à des enfants du préscolaire qui l’idolâtrent, Justin Trudeau a trouvé le moyen d’être peu inspirant et confus. Puis, interpellé en fin de rencontre par la candidate de Québec solidaire aux dernières élections provinciales dans le comté, Marijo Demers, il a répondu qu’il n’avait pas été capable de respecter son engagement de réformer le mode de scrutin en raison de l’absence de consensus national sur la question. Réponse pratique certes, mais plus ou moins convaincante.

À l’image de cette pénible soirée.

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