25 août 2016
Victime d’un trauma crânien il y a trois ans
Perrine Bouchard : de la patinoire à la piscine
Par: Maxime Prévost Durand
Perrine Bouchard a connu une saison du tonnerre en participant aux championnats provincial et canadien AAA par groupe d’âge en plus des Jeux du Québec. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Perrine Bouchard a connu une saison du tonnerre en participant aux championnats provincial et canadien AAA par groupe d’âge en plus des Jeux du Québec. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Perrine Bouchard est une passionnée de patinage artistique. Ce sport qu’elle pratiquait depuis son plus jeune âge lui est toutefois inaccessible depuis qu’elle a subi un trauma crânien il y a trois ans en chutant sur la glace. Le seul sport qu’elle peut maintenant pratiquer, c’est la natation, une discipline qu’elle a appris à aimer et où sa détermination lui permet d’atteindre les plus hauts niveaux.

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Au cours des dernières semaines, la Maskoutaine a pris part aux plus grosses compétitions de sa carrière, enchaînant le championnat provincial de natation AAA par groupe d’âge, les Jeux du Québec et le championnat canadien de natation AAA par groupe d’âge.

Lors de cette séquence, elle a remporté une médaille d’argent au 200 m papillon à la finale provinciale des Jeux du Québec, en plus d’une médaille d’argent (400 m libre) et deux de bronze (200 m libre et 200 m papillon) parmi les nageuses de 13 ans au championnat provincial AAA par groupe d’âge.

Ces réussites sont le fruit de trois années d’efforts et de détermination puisque Perrine revient de loin. À l’aube de ses 10 ans, elle subissait un trauma crânien en tentant un axel, un saut difficile à réussir en patinage artistique. « C’est un saut presque impossible à réussir du premier coup et Perrine l’a réussi, se souvient sa mère, Estelle. La 4e fois qu’elle l’a tenté, elle est tombée. » Comme les patineuses de niveau élite ne portent pas de casque, sa tête a encaissé l’impact.

Les conséquences ont été importantes. Son équilibre a été grandement affecté, si bien qu’elle avait de la difficulté à se tenir sur ses deux jambes. Sa vision périphérique a aussi subi des dommages. Pendant quatre mois, elle ne pouvait même plus aller à l’école en raison des effets de la blessure. Suivie par des professionnels du Children’s Hospital de Montréal, Perrine a réussi à remonter la pente. Mais il lui manquait quelque chose : il lui manquait son sport qu’elle aimait tant.

Nager, la seule solution

Durant sa convalescence, une neuropsychologue a suggéré aux parents de Perrine de lui trouver un autre sport sans contact, craignant que la jeune fille qui carburait à l’adrénaline de ses disciplines – elle pratiquait aussi le patinage de vitesse et la gymnastique – ne sombre dans une dépression.

« Des sports sans contact, ça n’avait pas le choix d’être dans l’eau », soutient sa mère. La natation et la nage synchronisée étaient donc à sa portée. Sauf que des problèmes importants aux genoux en raison d’une croissance trop rapide n’ont laissé d’autres choix à Perrine que d’essayer la natation. Elle s’est alors jointe au Club de natation de Saint-Hyacinthe. Même si ce n’était pas « son » sport, au moins, elle avait un sport. « J’ai toujours aimé nager, reconnait-elle. Tant que je pouvais faire du sport, ça me plaisait. »

Rapidement, elle a gravi les échelons et s’est retrouvée parmi les nageuses de calibre AAA du club. À son arrivée à l’école secondaire l’automne dernier, la Maskoutaine de 13 ans s’est jointe au programme sport-études de l’école Fadette. Puis, cette année, la spécialiste des styles libre et papillon a connu une saison du tonnerre en battant plusieurs de ses meilleurs chronos.

« Il y a à peine un an et demi, elle n’avait même pas les standards provinciaux et maintenant elle a réussi cinq standards nationaux. C’est phénoménal, se réjouit l’entraîneur du club maskoutain, Aziz Redouane. Elle a connu une progression fulgurante. Elle a beaucoup de détermination. Quand elle veut quelque chose, elle le veut vraiment. Elle a le talent et une belle éthique de travail », résume-t-il.

En discutant avec elle, Perrine avoue sans détour que, si elle le pouvait, elle pratiquerait toujours le patinage artistique. Au fond, c’est le sport qu’elle aime le plus, même s’il lui a occasionné une grande épreuve à surmonter. Mais sa détermination pour réussir dans le sport qu’elle a adopté, la natation, lui permet de ne se fixer aucune limite. Parmi les prochaines étapes qu’elle souhaite franchir dans sa jeune carrière de nageuse, Perrine pense notamment aux Jeux du Canada qui auront lieu à Winnipeg à l’été 2017. Et elle fera tout pour y arriver.

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