20 mai 2021
Ampro Mur Design quitte Saint-Hyacinthe
Perte de 80 emplois manufacturiers
Par: Martin Bourassa

Cette photo a été prise à une époque plus heureuse pour les travailleurs maskoutains de l’usine Produits forestiers Ampro, soit lors de l’annonce d’un investissement de 2 M$ pour la modernisation des équipements en septembre 2017. L’ancien PDG Alain Messier posait en compagnie d’André Barnabé, directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole, et de Maxime Santerre, aujourd’hui directeur général de l’entreprise propriété du Groupe Mono Serra. Photothèque | Le Courrier ©

Les installations de la rue Cartier seront reprises par une compagnie de transport de Saint-Hyacinthe qui s’en servira à des fins d’entreposage et de distribution. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

À peine deux mois après avoir vendu toutes ses parts à son associé de longue date, l’ex-PDG de Produits forestiers Ampro, Alain Messier, verra son entreprise quitter Saint-Hyacinthe en direction de Bromont. Le fabricant des panneaux décoratifs commercialisés sous la marque Mur Design cessera définitivement ses opérations à Saint-Hyacinthe, où il a vu le jour il y a 25 ans, ce qui entraînera la perte de 80 emplois manufacturiers.

Publicité
Activer le son

Toute la production sera transférée au cours de l’été dans les installations de l’usine d’armoires de cuisine Fabritec de Bromont, propriété du Groupe Mono Serra. C’est à son dirigeant et associé Sergio Lifraine que M. Messier a cédé ses parts de Fabritec et le plein contrôle de Produits forestiers Ampro en mars dernier.

« Ce n’est pas de gaieté de cœur que l’on ferme l’usine de Saint-Hyacinthe, a expliqué Maxime Santerre, directeur général de l’entreprise au quotidien La Voix de l’Est. C’est une synergie de regrouper toutes nos opérations sous le même toit. En ramenant des lignes, on pourra presque doubler la production », a-t-il précisé en ajoutant que le positionnement stratégique de Bromont avait aussi pesé dans la balance.

Selon nos informations, les employés de l’usine de la rue Cartier ont été informés des intentions de l’entreprise il y a une dizaine de jours. Tous les employés se sont fait offrir du travail à Bromont et la possibilité de suivre leur employeur dans son déménagement. La direction n’est toutefois pas en mesure de savoir combien de ses employés donneront suite à sa proposition, mais elle prévoit déjà créer des dizaines de postes du côté de Bromont.

En ce qui concerne l’avenir de l’immeuble, qui est toujours la propriété d’Alain Messier, tout porte à croire qu’il ne restera pas inutilisé trop longtemps.

Une compagnie de transport de Saint-Hyacinthe a déjà en main une entente de location, a appris LE COURRIER. Il ne faut toutefois pas s’attendre à ce que cela se traduise par un grand nombre d’embauches puisque les lieux seront principalement utilisés à des fins d’entreposage et non de production industrielle.

Une série noire

Pour l’économie maskoutaine, il s’agit d’un pénible premier semestre.

Le déménagement de l’entreprise Ampro Mur Design et la perte de 80 emplois s’ajoutent aux fermetures annoncées de l’usine Stanley Black & Decker de Saint-Hyacinthe (-200 emplois d’ici février 2022) et des installations du producteur de semences bovines Semex à Sainte-Marie-Madeleine (-63 emplois d’ici le 31 août prochain).

En présentant son bilan économique à la fin avril, l’organisme Saint-Hyacinthe Technopole, le bras économique de la Ville de Saint-Hyacinthe et de la MRC des Maskoutains, avait fait état de la perte nette de 544 emplois manufacturiers dans la région en 2020, une année marquée au fer rouge par la pandémie. En se fiant au niveau des investissements et à l’optimisme manifesté par les entrepreneurs, on estimait pourtant que Saint-Hyacinthe était bien positionnée pour profiter de la relance post-COVID.

Invité à commenter la décision du Groupe Mono Serra de rapatrier ses activités maskoutaines du côté de Bromont, le directeur général de Saint-Hyacinthe Technopole, André Barnabé, n’a pas caché sa vive déception.

« C’est toujours triste de voir partir une entreprise de chez nous qui a le vent dans les voiles. Elle avait su innover dans un domaine qui ne l’est pas tellement. Je comprends aussi qu’il s’agit d’une décision d’affaires de la nouvelle direction. Elle n’avait sans doute pas le même attachement que l’ancien propriétaire. »

Concernant la nouvelle vocation de l’usine, il mentionne qu’il reste à son avis quelques ficelles à attacher. Il estime cependant qu’il ne faudrait pas voir une éventuelle vocation liée à l’entreposage et à la distribution comme quelque chose de négatif. « Si ces activités permettent de consolider les activités d’un de nos employeurs majeurs qui préfère sous-traiter certaines opérations, cela peut même être gagnant au final », conclut M. Barnabé.

image