10 mai 2012
Subaru BRZ
Petite bête sexy
Par: Marc Bouchard

(Portland, Oregon) – Le pied au fond, j’accélère, me dirige vers la gauche, freine légèrement et j’étudie soigneusement ma trajectoire. C’est le début d’un long parcours de 4 kilomètres et de 16 virages de l’Oregon Raceway Park, qui me permettra de mettre à l’épreuve la toute nouvelle Subaru BRZ.

Pas idéal, me direz-vous, puisque la plupart des gens qui vont s’acheter la petite bête à la silhouette sport ne mettront jamais les roues sur une piste, et vous avez plutôt raison. Mais ne vous méprenez pas; je n’ai rien d’un Gilles Villeneuve, et la voiture est loin des performances d’une formule un.

Mais le petit circuit sinueux et accidenté est la conclusion idéale d’une journée de conduite remarquable sur les routes de l’Oregon. Remarquable parce que les routes elles-mêmes étaient spectaculaires, mais remarquable aussi parce que nous avons eu (le groupe de quelques journalistes canadiens sur place) l’occasion de mettre la BRZ à toutes les sauces. Et honnêtement, elle n’a pas déçu.

BRZ, vraiment?

La Subaru BRZ ne vous dit rien? Possible, puisqu’elle est toute nouvelle et est le résultat d’une collaboration entre Toyota et Subaru, le premier possédant 25 % de la seconde. Et le travail a été bien fait, et bien réparti.

Chez Toyota, on s’est occupé du design (et heureusement diront les mauvaises langues, car Subaru n’est pas exactement un modèle de succès dans le domaine). Du côté de Subaru, c’est la motorisation qui était le fer de lance; on a donc profité du moteur Boxer de Subaru, le célèbre quatre cylindres à plat, pour le mettre sous le capot. En matière de look, la BRZ est tout ce qu’il y a de plus sexy. Sa silhouette est agressive sans l’être trop et son long capot et sa ligne de toit fuyante lui confèrent, en plus d’un aérodynamisme évident, un charme indéniable. Parce que c’est une Subaru (disons tout de suite que Toyota commercialisera sa voiture sous le nom de Scion Fr-S), elle profite d’une partie avant unique et d’un aileron. Physiquement, là s’arrête la différence. Mécaniquement, le moteur est aussi le même et seules les suspensions auraient subi quelques modifications infimes. Concrètement, ce sont essentiellement les options qui feront la différence. Un bon mot (un euphémisme), pour un habitacle fort réussi. Les boutons sont ergonomiques, les sièges d’un grand confort et aisément ajustables, et ce, peu importe votre dimension (car moi, qui a conservé ma taille de guêpe, je roulais avec un collègue nettement moins imposant physiquement et les deux n’avons jamais souffert du moindre inconfort). Bon point aussi pour l’équipement de base, qui inclut notamment un système de navigation par satellite dont la précision s’est avérée particulièrement plaisante sur les routes sinueuses, et pas nécessairement bien indiquées, de l’Oregon.

Sous le capot

On l’a vu, c’est le moteur Subaru à plat qui équipe la BRZ. Ne rêvez pas, pour le moment, à des performances explosives comme c’est le cas de la WRX ou de la STI. La BRZ propose plutôt 200 timides chevaux. En fait, ce n’est pas tellement la puissance qui est déficiente, mais plutôt le couple de 151 livres-pied qui tarde parfois à se faire sentir. On peut tout de même obtenir un petit surplus de puissance en tolérant le régime moteur à haut régime (la ligne rouge est à 7 450 tours-minute).

Il est jumelé à une boîte de vitesse automatique dont la qualité devrait faire rougir tout ce que Subaru a réalisé dans ce domaine jusqu’à maintenant (et allumons un cierge de remerciement pour ne pas nous avoir imposé l’insipide CVT) ou à une boîte manuelle six vitesses, elle aussi précise comme aucune autre auparavant. Crainte de ma part dès le départ, on nous avise que Subaru a misé sur une direction à assistance électrique, ce qui a tendance à rendre la conduite plutôt anodine. Cette fois, pas de doute, le tout est une réussite : la voiture est maniable et n’est pas avare de sensations. Retour au circuit… Je l’avoue, dans certaines accélérations, j’aurais souhaité un peu plus de puissance. Mais tant sur la route que sur la piste, j’avoue avoir eu un plaisir fou à me lancer à l’assaut des courbes, la voiture circulant littéralement comme si elle était sur des rails. Et je l’avoue, je me suis surpris moi-même à pousser plus fort que je ne l’aurais cru possible à quelques occasions. Mais comme la voiture dispose d’un mode sport qui ne désactive pas complètement les assistances électroniques, je ne me suis jamais retrouvé en problème.

En résumé

La voiture a bien quelques défauts : l’insonorisation de l’habitacle est loin d’être exemplaire. Il fallait souvent, sur chaussée un tantinet accidentée, hausser le ton avec insistance pour s’entendre entre nous. Et les deux places arrière, bien qu’existantes, risquent davantage de servir d’instrument de torture que de véritables sièges.

Mais sincèrement, ce sont là de bien petits défauts. En fait, pour être tout à fait honnête, je dois avouer que si je souhaitais m’acheter une petite voiture aux prétentions sportives, la Subaru BRZ trônerait probablement au somment de ma liste. Mais il faudra attendre quelques semaines qu’elle apparaisse chez les concessionnaires.

Forces :

– Style amusant – Direction précise – Confort

Faiblesses

– Insonorisation – Places arrière minuscules – Puissance trop retenue

Fiche technique

Moteur : H4 2.0L DACT 16 soupapes Puissance (ch@tr/min) : 200 @ 7000 Couple (lb.pi@tr/min) : 151 @ 6400 Roues motrices : Arrière Transmission : Manuelle à 6 rapports Freins : Disques avant/disques arrière Freins antiblocage : Antiblocage aux 4 roues Prix : à partir de 27 295 $

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