17 août 2017
Philippe Desrosiers : le tout pour le tout
Par: Maxime Prévost Durand
Philippe Desrosiers a joué avec trois équipes différentes au cours de la dernière saison, dont les Admirals de Norfolk à qui il a été « prêté » dans la ECHL. Photo Facebook

Philippe Desrosiers a joué avec trois équipes différentes au cours de la dernière saison, dont les Admirals de Norfolk à qui il a été « prêté » dans la ECHL. Photo Facebook

La dernière saison de Philippe Desrosiers, espoir des Stars de Dallas, ne s’est pas déroulée tout à fait comme il l’avait souhaité. Que très peu utilisé dans la ligue américaine, le gardien a été renvoyé dans la East Coast Hockey League (ECHL), où il a joué pour deux équipes différentes. À l’aube de sa dernière année sous contrat avec la formation texane, le Maskoutain, qui a célébré son 22e anniversaire de naissance hier mercredi, jouera le tout pour le tout, en quête d’une stabilité dans un milieu incertain.

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« Il faut vraiment que j’arrive avec la rage de vouloir percer l’alignement de la ligue nationale et montrer que c’est assez la East Coast, que je suis prêt à être dans la ligue américaine à temps plein », a-t-il dit lors d’une rencontre impromptue avec LE COURRIER un peu plus tôt cet été.
La déception face à tout ce qui s’est passé dans les mois précédents est encore visible sur son visage. Au même moment l’été dernier, il était pratiquement assuré d’avoir sa place avec les Stars du Texas dans la ligue américaine, où il avait connu un certain succès lorsque rappelé lors de la campagne 2015-16. Une fois le camp d’entraînement terminé, le scénario a toutefois changé.
Cloué au banc, Desrosiers n’a vu que très peu d’action lors de son séjour avec le club texan, séjour qui s’est terminé à la pause des Fêtes. « J’ai été dans la ligue américaine jusqu’à Noël et je n’avais été le gardien partant que pour quatre matchs à ce moment », se souvient-il.
L’organisation a alors pris la décision de l’envoyer avec les Steelheads d’Idaho, dans la ECHL, pour une période de deux semaines de « reconditionnement ». Même là, ses performances n’ont pas suffi à lui permettre de retourner dans la ligue américaine. « Je n’ai pas si bien joué durant ce temps et ils ont décidé de me laisser dans la East Coast. Finalement, j’y suis resté pour le reste de la saison. »
Un changement inattendu
Avec la présence de Desrosiers, les Steelheads se retrouvaient toutefois avec quatre gardiens de but au sein de l’équipe. Cette congestion devant le filet a fait en sorte que le Maskoutain a été « prêté » aux Admirals de Norfolk pour la fin de la campagne. Une situation qu’il n’a jamais vu venir. « J’étais déçu, je n’avais plus le goût de jouer, avoue-t-il. J’ai appelé ma mère presque en pleurant. Je me demandais ce qu’il se passait. J’ai toujours été dans les meilleurs et là j’étais échangé à une autre équipe. »
En arrivant avec les Admirals, Desrosiers a plutôt saisi l’opportunité pour donner un second souffle à sa saison de misère. L’équipe à laquelle il se joignait présentait le pire dossier de la ECHL et il n’y avait plus rien à perdre. « Quand je suis arrivé, j’ai reçu un bel accueil et je jouais tous les matchs. C’était motivant. »
À Norfolk, l’ancien cerbère de l’Océanic de Rimouski a présenté un dossier de 8 victoires et 11 défaites, une fiche respectable compte tenu des difficultés de l’équipe depuis le début de la saison. Ayant regagné en confiance, il a pu retourner avec les Stars du Texas à la toute fin du calendrier régulier. Lors de sa seule sortie, il a signé son premier blanchissage dans la AHL dans un gain de 1 à 0 face au Rampage de San Antonio.
Pas de panique
Malgré les épreuves auxquelles il a été confronté au cours de la saison, Desrosiers jette un regard optimiste sur son futur. « Je regarde les gardiens qui sont dans la LNH actuellement et il y en a plusieurs qui sont passés par la ECHL. Je suis allé jouer au golf quelques fois avec Louis Domingue (Coyotes de l’Arizona) cet été et il me disait qu’il n’y a pas de honte à avoir évolué dans la ECHL à 21 ans. Il est passé par là et l’année suivante il montait dans la LNH. Il s’agit d’avoir une bonne saison l’an prochain dans la ligue américaine et tu ne sais jamais pour la suite », laisse tomber le Maskoutain.
Question d’être dans la meilleure forme à l’automne, le gardien de 21 ans a apporté quelques modifications à sa préparation estivale. « J’ai changé un peu mon entraînement et j’ai fait appel à des spécialistes de la nutrition pour être meilleur que jamais au camp », soutient-il. Il continue également de travailler avec Olivier Michaud, avec qui il s’entraîne depuis de nombreuses années.
Même s’il ne reste qu’une saison à son contrat actuel, Desrosiers ne semble pas trop inquiet pour l’avenir. « J’essaie de ne pas trop y penser même si je l’ai un peu derrière la tête. Toute ma vie au hockey, j’ai bien performé lorsque j’avais de la pression alors je vois plus cette situation comme un défi », conclut-il.

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