10 juillet 2014
Héros du jeudi
Philippe Desrosiers
Par: Maxime Prévost Durand

Philippe Desrosiers a connu une fin de saison de rêve avec l’Océanic de Rimouski. Il a battu le record pour le plus de minutes consécutives sans accorder de but, en plus d’amener l’équipe du Bas-Saint-Laurent jusqu’en quarts de finale des séries éliminatoires. Ses récents succès lui ont valu dernièrement une invitation au camp estival d’Équipe Canada junior (ECJ). Voici un Héros du jeudi qui a souvent joué les héros pour l’Océanic.

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Quelle a été ta réaction lorsque tu as appris que tu étais l’un des quatre gardiens invités (avec Zachary Fucale, Eric Comrie et Tristan Jarry) à participer au camp estival de développement d’Équipe Canada junior?

C’est certain que j’étais très content. L’an dernier, ils ne m’avaient pas invité même si j’avais connu une bonne saison. Je crois que je le mérite cette année et je vais pousser pour pouvoir faire l’équipe. Depuis que je suis petit, je regarde [Équipe Canada junior] à la télévision et je veux jouer avec cette équipe. Si je réussis à être dans l’équipe pour Noël, je serai le gars le plus heureux, ce serait spécial. Je vais tout donner. Il y a de bons gardiens au Canada, mais je crois que je suis capable de garder les buts à ce niveau-là.

Avec Équipe Canada des moins de 18 ans, tu as remporté l’or au Championnat du monde de 2013. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté et comment comptes-tu t’en servir en vue du camp de sélection d’ECJ?

Un championnat du monde, ce n’est pas comme une saison. C’est une semaine intense où tu joues très souvent. Il faut toujours rester dans l’instant présent et demeurer concentré sur le prochain match. Au niveau de la pression, on a joué contre les États-Unis en finale et on n’était pas censé les battre parce qu’ils étaient vraiment bons, mais on a finalement gagné. Je pense que je suis capable de bien gérer la pression, ce sera à mon avantage. C’était la première fois que je gagnais un tournoi d’une telle envergure.

Il y a un an presque jour pour jour, tu étais repêché au 54 e rang de la séance de sélection de la LNH par les Stars de Dallas. Qu’est-ce qui a changé pour toi depuis ce moment?

J’ai pu travailler avec l’entraîneur des gardiens de but des Stars, Mike Valley. C’était une approche différente, surtout au niveau mental. Il a écrit un livre notamment (The Power Within : Discovering the Path to Elite Goaltending), je devrais peut-être le lire (rires). Je suis devenu meilleur depuis que j’ai joué avec eux. Ce n’est que du positif pour moi.

En avril, tu as signé ton premier contrat professionnel avec les Stars. T’attendais-tu à signer aussi rapidement?

Si ça avait été juste de moi, j’aurais signé encore plus vite (rires). Ça me chicotait un peu durant la saison, j’y pensais, j’avais hâte qu’ils m’offrent quelque chose. Ils m’avaient toutefois dit qu’ils n’allaient pas me proposer de contrat avant la fin de la saison pour que je me concentre sur mon hockey. Avec la fin de saison que j’ai connue, où tout allait bien, ils ont décidé de me mettre sous contrat. Si ça continue comme ça, je devrais jouer avec l’équipe de la ligue américaine (Stars du Texas) d’ici deux ans. Pendant ma saison avec l’Océanic par contre, ils ne peuvent pas me rappeler. Mais dès que ma saison junior est terminée, ils peuvent faire appel à mes services.

Tu as pulvérisé le record du plus grand nombre de minutes (243 min 35 s) sans accorder de but dans la LHJMQ. Ça signifie quoi pour toi?

Je jouais bien, mais mon équipe m’a beaucoup aidé. C’est un beau record, mais je crois que c’est davantage un record d’équipe qu’un record individuel. J’aimerais aussi battre le record du plus grand nombre de victoires en une saison.

Ta réaction quand Jean-François Lavoie (Phoenix de Sherbrooke) a marqué pour mettre fin à la séquence?

Sur le coup, j’étais déçu. Ça faisait tellement longtemps que je ne m’étais pas fait déjouer que je ne me souvenais plus c’était quoi le sentiment après avoir accordé un but. Les gens m’applaudissaient pour le record. J’aurais dû saluer la foule, mais j’étais tellement déçu que je ne l’ai même pas fait.

Il suffit d’observer ta feuille de route pour constater que tout te sourit, mais quelle est la plus grande épreuve que tu as dû traverser?

L’an dernier, j’ai été blessé pendant un mois (ligament déchiré au genou) et revenir de cette blessure a été très difficile. Je ne me sentais pas en contrôle et j’ai eu de la difficulté à retrouver mon bon jeu jusqu’au Championnat du monde des moins de 18 ans, où ça a décollé. Sans ce tournoi-là, je ne me serais sûrement pas fait repêcher l’an dernier.

Le meilleur conseil qu’on t’a donné?

D’avoir une bonne éthique de travail. Même si tu es repêché, même si tu es bon, il faut qu’à chaque fois que tu mets le pied sur la glace, tu travailles fort. Chaque fois, c’est une opportunité de devenir meilleur. J’ai toujours eu une bonne éthique de travail, mais quand j’ai été repêché, je pensais que j’étais bon, mais ça n’allait pas comme je voulais. Quand je me suis mis à travailler vraiment, tout s’est mis à bien aller et les victoires sont venues.

Le joueur que tu redoutes le plus?

Anthony Duclair des Remparts de Québec. À chaque match, il réussit à me déjouer (rires). Christopher Clapperton est aussi vraiment bon, mais maintenant il est dans mon équipe! J’ai pourtant joué contre des [Jonathan] Drouin et [Nathan] Mackinnon et je n’ai pas trouvé qu’ils étaient si dominants contre moi.

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