21 juin 2012
Patrimoine maskoutain
Plaidoyer pour le pavillon Laurier
Par: Le Courrier
Des défenseurs du Pavillon de la piscine Laurier ont interpellé lundi les élus municipaux, mais ceux-ci ne les ont pas beaucoup rassurés.

Des défenseurs du Pavillon de la piscine Laurier ont interpellé lundi les élus municipaux, mais ceux-ci ne les ont pas beaucoup rassurés.

Un ancien chef de l’équipe des sauveteurs de la piscine Laurier, Justin Martel, s’est présenté devant le conseil municipal lundi soir pour se porter à la défense du vieux pavillon, dont la citation comme monument historique apparaît soudainement bien incertaine.

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« Quelles sont vos convictions en matière de patrimoine? Est-ce que la piscine Laurier sera sauvée?», a-t-il demandé aux élus en parlant de l’ensemble pavillon – piscine.

« La piscine demeure bien sûr, on ne touche pas à ça », lui a d’abord répondu le maire, Claude Bernier avant de préciser que le cas du pavillon était à l’étude. « On veut protéger son enveloppe extérieure », a-t-il soutenu.M. Martel a rappelé au conseil que c’est lui qui, en 2008, alors qu’il était sauveteur responsable à la piscine, avait présenté un dossier à la Ville afin que le pavillon Laurier soit cité monument historique, demande à laquelle le conseil municipal avait acquiescé. Un projet de règlement de citation a finalement été élaboré en 2011. Il a été présenté à la séance du conseil du 5 mars 2012, mais depuis, il n’a pas été ramené pour adoption.« Le projet de citation touche à l’extérieur du bâtiment. Mais qu’est-ce qu’on va faire à l’intérieur? », lui a répondu le maire, en faisant allusion à l’alternative qui consisterait à isoler le pavillon par l’intérieur pour le rendre utilisable toute l’année. Mais selon ce qu’a récemment confié au COURRER le conseiller du district Sacré-Coeur, David Bousquet, restaurer le pavillon et l’isoler coûterait 3 millions $, tandis que son remplacement par un bâtiment neuf de même apparence, mais isolé, ne représenterait qu’une dépense de 1,5 million $, soit la même chose qu’une simple restauration. « Ça ne protégerait en rien le patrimoine (la construction d’une copie). C’est un superbe pavillon qui date de 1928-1929 et qui n’a presque pas été retouché. Une restauration coûterait beaucoup moins cher », a plaidé Justin Martel. Mais le maire Bernier, qui a laissé entendre que le conseil voulait s’en tenir à un budget de 1,5 million $, n’a pas confirmé que le pavillon serait sauvé. « Est-ce qu’on va protéger l’enveloppe extérieure? Actuellement, on ne sait pas si le pavillon sera isolé. Il y a une réflexion qui se fait », a-t-il dit.Le directeur général, Louis Bilodeau, est ensuite intervenu pour signaler que le pavillon n’était pas en aussi bon état qu’on pouvait le prétendre, que sa restauration pourrait commander un investissement important et qu’un pavillon « quatre saisons » était préférable à un bâtiment utilisable l’été seulement. «…Tout en conservant l’enveloppement extérieur », a ajouté le maire, comme s’il tenait à la protection de la version originale.Devant tout ce flou, un autre intervenant, Sébastien Bouthillier, a carrément demandé aux élus s’ils songeaient à démolir le pavillon existant pour en reconstruire un autre identique. « Oui, c’est la réflexion qui se tient actuellement au sein du conseil », a fini par admettre M. Bernier.Le conseiller Bousquet y est allé ensuite d’un discours qui laisse bien peu d’espoir aux tenants de la sauvegarde du pavillon Laurier. Sans s’attarder à la valeur patrimoniale du pavillon, il a affirmé que la démolition-reconstruction représentait « la solution la plus efficiente et la plus rentable. »

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