13 avril 2017
Église Sacré-Coeur-de-Jésus
Plaidoyer pour un mémorial
Par: Benoît Lapierre
Bernard Lajoie propose que la sculpture du Sacré-Cœur devienne un mémorial sur le site de  l’église et du collège Sacé-Coeur.  Photo François Larivière | Le Courrier ©

Bernard Lajoie propose que la sculpture du Sacré-Cœur devienne un mémorial sur le site de l’église et du collège Sacé-Coeur. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Avant que ne tombe l’église Sacré-Coeur-de-Jésus, condamnée à la démolition en octobre 2016, un grand défenseur du patrimoine maskoutain lance un appel à la conservation du Sacré-Cœur, cette sculpture constituant l’élément central de la façade.

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Bernard Lajoie estime que ce bas-relief devrait être préservé pour qu’il devienne la pièce principale d’un mémorial en souvenir de l’église disparue et de son créateur, le réputé architecte maskoutain René Richer (1887-1963), de même qu’en rappel de l’histoire du collège Sacré-Cœur, détruit dans le tragique incendie du 18 janvier 1938 qui a fait 46 victimes.

« Aujourd’hui, une œuvre comme celle-là coûterait une fortune à reproduire. Avez-vous vu la qualité de cette sculpture en granite? Elle devrait être conservée, avec les colonnes de forme gothique en dessous, et qui sont aussi en granite », propose M. Lajoie, en contemplant la façade. Il recommande la préservation de l’ensemble en granite et sa réinstallation sur les lieux mêmes, avec l’ajout d’un aménagement paysager.

« Les fenêtres de bois sont magnifiques dans leur encadrement en granite. Je trouve ça de valeur qu’on n’ait pas pu faire autre chose avec cette église », déplore M. Lajoie, un spécialiste en patrimoine bâti. Tout récemment, à la remise de ses « Prix du patrimoine 2017 », la MRC des Maskoutains l’a récompensé pour sa contribution à la mise en valeur du patrimoine architectural en lui décernant le nouveau prix Maryse-Séguin, créé en l’honneur de celle qui fut la première chargée de projet en patrimoine à la MRC.

La conservation du Sacré-Cœur avait aussi été suggérée par une paroissienne à la fin d’août 2016, lorsque la Fabrique Saint-Thomas-d’Aquin a tenu sa séance d’information pour expliquer la décision prise à l’égard de l’église du Sacré-Coeur-de-Jésus et de son presbytère. La Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, qui deviendra propriétaire de l’immeuble après la démolition, veut récupérer le terrain pour y créer un parc-école à l’intention de la clientèle de l’école René-Saint-Pierre, située en face de l’église, boulevard Laframboise.

Le président du conseil de la Fabrique Saint-Thomas-d’Aquin, Robert Charbonneau, a indiqué au COURRIER que la démolition de l’église n’était pas pour tout de suite, et que les discussions se poursuivaient avec la Commission scolaire. Sacré-Coeur-de-Jésus relevait de cette Fabrique, à laquelle appartient aussi l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, de l’avenue Bourdages Nord.

« Il n’y a rien qui a bougé depuis novembre, on n’a pas d’autre développement, et on n’est pas encore rendu à la démolition. Oui, définitivement, il y aura un rappel des bâtiments qui ont existé à cet endroit, c’est déjà prévu, mais nous n’avons pas encore déterminé ce que ce sera au juste. Le Sacré-Cœur, ça pourrait être une possibilité, mais je suis un profane en cette matière. »

M. Charbonneau a indiqué que l’orgue Casavant, opus 1932, de l’église Sacré-Coeur-de-Jésus avait été réinstallé dans l’église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, comme prévu. Il y a remplacé l’orgue de fabrication allemande qui avait été acheté usagé en 1947-1948. Il a précisé que l’instrument avait été vendu pour ses pièces au facteur d’orgues Bellavance.

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