15 décembre 2011
Industrie du gaz de schiste
Plein gaz contre la nouvelle consultation
Par: Jean-Luc Lorry

Le Comité de l’évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur le gaz de schiste a tenu en début de semaine, une nouvelle consultation publique sur ce sujet explosif à l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe. Prévue sur le papier pour être une séance d’information et d’échange, la soirée s’est rapidement transformée en affrontement verbal où plusieurs citoyens ont vivement contesté la légitimité du comité et son manque de transparence.

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De nombreuses personnes se sont présentées au micro pour dénoncer tour à tour, le fait que ce comité est principalement composé de membres issus de la sphère gouvernementale, universitaire ainsi que du secteur privé.

« Je pense que si un citoyen demeurant à moins de cinq kilomètres d’un puits siégeait sur votre comité, la conception de l’industrie du gaz de schiste serait tout autre », a mentionné Jacques Tétreault, président du Comité des citoyens pour la protection de l’environnement maskoutain.Plusieurs intervenants n’ont pas trouvé crédible la présence sur ce comité d’une employée de Talisman Energy, une importante compagnie gazière basée à Calgary. Un autre membre « issu de la société civile », fut quant à lui, vice-président Environnement chez SNC-Lavalin, une importante firme d’ingénierie et de construction favorable à l’exploitation des gaz de schiste.Ce comité a été créé à la suite de la principale recommandation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) inscrite dans son rapport sur le développement durable de l’industrie des gaz de schiste au Québec. Le ministère de l’Environnement avait le mandat de désigner les onze membres qui forment ce comité d’experts.

Comité malmené

Au cours de cette soirée de trois heures, le comité, dont cinq membres étaient présents à Saint-Hyacinthe, a été malmené à plusieurs reprises.

« Nous avons appris il y a seulement une semaine les dates des consultations publiques qui n’ont pas été publicisées dans les journaux, mais uniquement sur Internet. De plus, ces rencontres ont été organisées à l’approche du temps des fêtes. C’est manquer de respect envers la population », a déclaré un résident de Saint-Jean-Baptiste.À plusieurs occasions, les réponses du comité étaient évasives. « Actuellement, nous ne disposons pas d’un plan de développement clair de cette industrie », a reconnu Robert Joly, président du Comité et représentant du ministère de l’Environnement.Lors d’une pause de 15 minutes, Jacques Tétreault affichait une profonde déception à propos de cette initiative gouvernementale dans le dossier du gaz de schiste.« Je trouve insultant que ce comité accorde seulement deux minutes par intervenant après avoir attendu debout pendant une heure pour s’exprimer », a critiqué vertement l’environnementaliste.« Selon moi, cette initiative est une machination politique parfaitement huilée pour décourager les citoyens à dénoncer l’industrie des gaz de schiste au Québec. »Au total, quatre séances de consultation ont été planifiées par Québec. Les autres se sont tenues à Longueuil et à Saint-Flavien et la dernière a lieu ce jeudi soir à Bécancour.À la suite de ces consultations sera entreprise la réalisation de l’évaluation environnementale stratégique. Un premier rapport sera produit d’ici mai 2012 et un rapport final sera déposé un an plus tard et devrait faire l’objet d’une autre consultation publique.

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