13 décembre 2012
Portrait de Barbara Jimenez Herrero
Par: Hélène Dion

Ses souvenirs remontent à l’enfance, à Mendoza, où elle est née. Son père, vigneron, lui a fait l’un des plus beaux cadeaux qu’une oenologue pouvait espérer, celui de lui faire prendre conscience des arômes de la nature et de son environnement.

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Aujourd’hui, son impressionnante mémoire olfactive sert à son travail. Rencontre avec Barbara Jimenez Herrero, une femme qui allie une grande sensibilité, une volonté indomptable et de grandes connaissances au profit du métier qu’elle aime.

Si on la mettait en garde face au métier de vigneron, Barbara a toujours su qu’elle voulait faire comme son père et travailler dans les vignes. « Déjà petite, je m’amusais à bâtir mon vignoble. » Sa détermination l’amènera, en 1997, à porter fièrement le titre d’oenologue, diplômée de l’Universidad Nacional de Cuyo à Mendoza. Elle serait probablement toujours en Argentine si elle n’avait pas eu une offre de Seagram, en 1999, pour venir travailler au Canada. Suivant les conseils de son père, elle accepte et laisse derrière elle les 5 hectares de Syrah qu’elle avait plantés pour créer une microparcelle bien à elle. Au Canada, on la nomme responsable de 11 usines d’Amérique latine, au contrôle de la qualité et au développement, notamment pour le vignoble de Mumm en Argentine. Elle démontre très vite son talent et sa capacité à travailler sous pression. Elle sera d’ailleurs responsable de la vinification des vins de glace à Equifera, en Ontario. Depuis un peu plus d’un an, elle s’est jointe à l’équipe du cabinet-conseil d’OenoQuébec, aux côtés des oenologues Richard Bastien et Jérémie d’Hauteville. Elle a plusieurs projets et la passion qui l’anime toujours. « Ce métier est fabuleux et jamais ennuyant! »

Une association pour défendre le métier et le faire rayonner

Barbara Jimenez est présidente de l’Association canadienne des Oenologues depuis quatre ans.

Impliquée à l’international, elle est également membre du conseil de l’Union Internationale des Oenologues. Son objectif est de défendre la profession, le vrai métier d’oenologue et de rassembler les professionnels, à travers le Canada, pour faire rayonner le métier. « Plusieurs projets sont en développement, mais il est impératif que nous luttions contre l’usurpation du titre d’oenologue. Notre travail consiste aussi à provoquer le réflexe, tant dans le milieu du vin qu’au niveau gouvernemental, de diriger toute demande de consultation oenologique à l’Association. » La présidente entend également travailler à permettre l’accès au titre d’oenologue au Canada en collaboration avec l’Université Brock en Ontario. Parallèlement, la mise en ligne du nouveau site Internet bilingue facilitera l’accès à l’association aux oenologues du Canada anglais. (www.acoe.ca)

Du Nebbiolo à table

« Produire de grands vins, c’est produire des vins qui ont une âme » – Franco Conterno.

Je vous propose deux vins de la Poderi Aldo Conterno, un domaine piémontais qui s’attache à faire exprimer le cépage Nebbiolo, dans le Langue tout comme dans le grand Barolo. À servir sur des repas savoureux, mais simples comme une pièce de viande et un trait d’huile d’olive. – Nebbiolo – Il Favot – Langue 2006 – Poderi Aldo Conterno – Code SAQ : 11447431 – Prix : 55,75 $ Issu des jeunes vignes et élevé en fûts de chêne français neufs pendant un an et demi, le Il Favot est le résultat d’une courte macération (une semaine, contrairement à un mois pour le Barolo). Ceci dans le but d’extraire en finesse la matière tannique et de garder la fraîcheur du fruit. Ce Nebbiolo est fidèle à ce que l’on s’attend de lui. Le nez de figues et une touche de réglisse noire tout à fait invitants. En bouche, les tanins sont fins, mais encore fermes. Superbe vin issu de Bussia, un terroir où l’argile est majoritaire dans les sols. – Barolo 2007 – Poderi Aldo Conterno – code SAQ : 11061669 – Prix : 83,50 $ Le Nebbiolo de Bussia qui sert à l’élaboration du Barolo provient de vignes ayant au moins 20 ans. Au-delà de cette spécificité, le vin est élevé en foudres de Slavonie (Croatie). Le 2007 est charmeur, aux tanins soyeux, issu d’un millésime « facile ». Comparé au 2008, le 2007 offre présentement plus de complexité et plus de charme, mais le 2008 qui arrivera en succursales risque d’offrir un profil plus classique du Barolo, un profil qui se laisse attendre.

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