26 septembre 2013
Pour une réelle souveraineté alimentaire!
Par: Le Courrier

Dans le journal de Montréal du 20 septembre, l’anncien ministre Jean Garon reproche à l’UPA d’abandonner la défense de la ferme familiale au profit des intégrateurs. Il remet aussi en question le monopole syndical de l’UPA.

Il y eut un temps où le Québec atteignait 70 % d’autonomie alimentaire, l’objectif était de 100 %. Depuis, nous sommes revenus à 30 %. Voilà l’impact ou le résultat lié à la monopolisation de la représentation et à la soumission au marché des terres agricoles du Québec. À ce rythme, elles se vendront sous peu à qui pourra acheter à gros prix pour maintenir debout ce que les gens qualifient désormais d’industrie de la production agricole, s’activant autour des termes « tonnage, unité de production, intrants, extrants, etc. ». Pendant ce temps se tient à Saint-Hyacinthe l’événement annuel des Papilles, lieu de découverte et de dégustation d’aliments du terroir, de niche et de produits locaux et québécois. Les gens apprécient et viennent en grand nombre découvrir ce de quoi nous sommes fiers soit « être maître chez nous », de ce que nous produisons et qui nourrit les Québécoises et les Québécois en priorité. Voilà un exemple de ce que peut devenir un autre marché… celui du centre-ville de Saint-Hyacinthe. Mais pour cela, il nous faudra permettre le morcellement des terres, aider et autoriser des jeunes agricultrices et agriculteurs à produire des nouveautés locales incluant la première et deuxième transformation, tout en respectant ce qui existe déjà. De pouvoir habiter le territoire, sans réduire la superficie cultivable. Il faut contrer la spéculation sur les terres québécoises, supporter financièrement les nouveautés dans une agriculture naturelle, biologique de terroir et de niche. Car aider chaque Québécoise et Québécois à mieux nourrir la population et à mieux se nourrir, c’est aussi avoir un impact direct sur la santé des gens et la qualité de notre environnement agricole. La souveraineté et la sécurité alimentaire passent par des mesures supportant la mise sur pied de fermes familiales locales, ayant un impact direct sur la santé et la qualité de vie des agricultrices et agriculteurs, mais aussi des citoyennes et citoyens maskoutains, montérégiens et québécois.

Richard Gingras

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