28 mai 2020
Forum
Pourquoi près de 50 commerçants s’opposent à la fermeture de la rue des Cascades
Par: Le Courrier

Dès que l’annonce du projet pilote visant la piétonnisation partielle de la rue des Cascades a été faite par la Société de développement du centre-ville de Saint-Hyacinthe, un mouvement d’opposition s’est formé parmi les marchands. Une pétition a circulé et recueilli en quelques heures une cinquantaine de signatures de commerçants. LE COURRIER vous présente les motivations et l’argumentation des opposants.

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– La Ville et la SDC n’ont consulté aucun commerçant avant de prendre cette décision.

– C’est une première dans l’histoire du centre-ville que les élus municipaux imposent par vote, lors d’une plénière, un projet d’une telle ampleur sans discuter avec tous les commerçants.

– Favorables ou non, et mis à part quelques-uns, les commerçants ont été mis devant un fait accompli. La Ville a demandé une consultation auprès des commerçants après que les élus aient voté. Le travail ainsi que la réflexion sont faits à l’envers.

– Aucun sondage sérieux n’est effectué depuis, et ce, malgré nos demandes.

– Aucun plan n’a été présenté aux commerçants. Aucune motivation n’a été expliquée aux commerçants ni pour qui ce projet est destiné.

– Aucune étude, aucune statistique prouvant la viabilité et la rentabilité pour les commerçants d’un tel projet n’a été démontrée.

– Les statistiques ainsi que l’expérience des commerçants qui démontrent clairement une diminution des chiffres d’affaires lors de la fermeture d’une rue (et même pour certains lors de la vente trottoir) ne sont pas prises en compte.

– Les articles de spécialistes tels que Mario Polese, expert en revitalisation urbaine, qui démontrent que le centre-ville de Saint-Hyacinthe n’a pas les atouts (milliers de travailleurs, université, beaucoup de condos) pour faire vibrer la rue toute la journée ne sont pas pris en compte.

– Le témoignage de Gérard Beaudet, ancien directeur de l’institut d’urbanisme de l’UdeM, qui a expliqué à Radio-Canada cette semaine les problèmes que vivent actuellement les commerces de détail qui doivent composer avec la pandémie (limitation de clients à l’intérieur des commerces, investissements importants, restriction du flânage et modification complète des habitudes de consommation) a été envoyé aux élus, mais n’a pas été pris en compte.

– L’étude « The experiment of American Pedestrian malls », envoyée au maire, à plusieurs élus ainsi qu’à la direction générale, démontre que 90 % des villes aux États-Unis qui ont transformé en rue piétonne leur artère commerciale font un constat d’échec. Ce document non plus n’est pas pris en compte.

– Comment peut-on expliquer que la Ville de Montréal a reculé devant la pression des commerçants du boulevard Saint-Laurent et qu’à Saint-Hyacinthe, on continue de nous imposer la fermeture de la rue Cascades alors que les commerces de détail traversent une crise sans précédent?

– L’article du 26 mai du journaliste Yves Boivert de La Presse qui s’intitule « Toute rue n’est pas bonne à fermer » a été envoyé à tous les élus municipaux. Cet article n’a pas plus été pris en compte.

– Les demandes des personnes plus âgées, qui sont un des éléments clés aux affaires des commerces du centre-ville et qui témoignent actuellement leurs frustrations aux commerçants quant aux problèmes d’accessibilité aux différents commerces lors de fermeture de rues, ne sont pas prises en compte.

– Les problèmes d’accessibilité en façade des commerces comme les épiceries, la quincaillerie, les boutiques de décoration, qui doivent livrer de gros objets aux clients devant leur commerce, n’ont pas été pris en compte.

– Faut-il rappeler que six commerces sur sept au Marché public ont aussi signé la pétition du NON?

– Faut-il rappeler que le commerce de détail est en profonde mutation et mis à mal par les ventes internet. Alors que vient s’ajouter une pandémie mondiale, nous considérons que ce n’est pas le moment, même et surtout les week-ends qui sont importants pour les commerces, de créer des irritants d’accessibilité pour les consommateurs.

– Faut-il remémorer aux autorités que nous avons traversé depuis peu la saga des horodateurs (parcomètres), la fermeture du pont au bout de la rue Cascades, tous les travaux autour du marché et qu’il est possible que les commerçants souhaitent avoir un peu de quiétude pour essayer de faire des affaires en paix?

– Les commerçants sont l’âme et le cœur du centre-ville et il faut tous les consulter avant de prendre des décisions. Sans ces commerçants, il n’y aurait pas de centre-ville.

Voilà, en partie, pourquoi nous votons non.

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