23 avril 2015
Préjugé défavorable
Par: Le Courrier

Faut lui donner ça : mon ami Bernard Barré a le sens du ­spectacle. Que ce soit sur les ondes de RDS ou TVA en ­analyste de boxe ou à la télé communautaire dans la peau de l’éternel conseiller municipal de La ­Providence, il donne toujours un bon show. Il a encore frappé fort lundi soir dans le rôle du conseiller indigné de voir la Ville embaucher un non-résident. Encore une fois.

À compétences égales, ou presque, le ­comité de sélection sur lequel siégeait le conseiller Donald Côté a retenu la candidature d’un ingénieur d’Austin, en Estrie, au lieu d’un ingénieur du quartier Saint-­Thomas-d’Aquin.

Seul le conseiller Barré a rouspété et ­enregistré sa dissidence. Les autres ont ­plutôt décidé de faire confiance au ­jugement du conseiller Côté et de se ranger aux arguments de la direction générale pour qui les deux candidatures n’étaient pas à compétences aussi égales que le prétendait M. Barré. Et puis après? Même si la candidature locale était un peu moins reluisante que l’autre, et même si le candidat local n’était pas reconnu pour ses talents de ­communicateur, n’aurait-on pas pu donner une chance au coureur « local » et lui ­accorder un peu plus de considération?

Une période de probation ne sert-elle pas à valider les qualités et les aptitudes des ­nouveaux employés? Du côté de la Ville, on donne trop souvent l’impression d’avoir un préjugé défavorable envers les candidats de la place. Pourquoi absolument miser sur des candidatures de l’extérieur et sur des gens qui n’ont aucune envie de s’installer chez nous? Disons que pour une Ville qui s’interroge actuellement sur son faible ­pouvoir d’attraction, cette embauche ­d’ingénieur tombe assez mal merci.

Pourquoi la Ville ne donne-t-elle pas l’exemple en misant sur le talent local?

Au lieu de sonder les gens de l’extérieur comme elle s’apprête à le faire, la Ville de Saint-Hyacinthe devrait commencer par ­demander aux cadres non-résidents qui ­travaillent pour elle et qui sont grassement payés par nos taxes pourquoi ils n’aiment pas assez notre ville pour y installer leur ­famille. Et au lieu de chialer après coup, ­Bernard ­Barré devrait peut-être trouver du temps pour siéger à plus de comités de ­sélection. Il serait ainsi aux premières loges pour d­éfendre l’intérêt maskoutain.

M.B.

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