8 octobre 2015
Première vague de certification chez Les Ateliers Transition
Par: Jennifer Blanchette
Trois employés des Ateliers Transition ont été les premiers à décrocher une certification de cariste, un bon pas vers une réintégration du marché du travail. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Trois employés des Ateliers Transition ont été les premiers à décrocher une certification de cariste, un bon pas vers une réintégration du marché du travail. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Avec leur certification de cariste en poche, trois employés de l’entreprise d’économie sociale Les Ateliers Transition ne sont plus qu’à un pas de réintégrer le marché du travail.

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Depuis le 26 août, Karine Dupuis, Marco Laforce et Danny Haché sont les premiers travailleurs des Ateliers Transition à ­détenir une certification reconnue, tous domaines confondus.

« C’est un gros pas, financé à même nos fonds, que nous venons de franchir. Deux des trois travailleurs sont en recherche ­d’emploi active et l’un a même une entrevue d’embauche planifiée aujourd’hui [24 ­septembre] », s’est réjoui le directeur général d’Ateliers Transition, Yves St-Arnaud.

Pour Danny, Karine et Marco, qui ­fréquentent l’entreprise d’économie ­sociale depuis 5 mois à 1 an et demi, cette formation d’une journée servira de ­tremplin vers le marché du travail.

« Je n’arrivais pas à conserver mes ­emplois. J’ai été cinq ans à ne pas travailler et je m’étais donné trois ans pour me ­reprendre en main. Je ne pensais pas y ­arriver en la moitié du temps », a témoigné Danny.

Ses collègues et lui ont également ­souligné que grâce au cours donné par l’entreprise FormaGo, ils avaient une ­meilleure estime d’eux et davantage confiance en leurs moyens.

La certification est à la fois reconnue par le milieu du travail et par la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). « Il y a parfois une forme d’interrogation ou de préjugé envers nos ­travailleurs de la part des employeurs. Je sais ce que c’est, je suis issu du milieu ­privé. Mais, nos travailleurs sont aussi compétents que ceux qui oeuvrent déjà en usine » a assuré M. St-Arnaud.

Entreprise d’insertion

Reconnue comme une entreprise d’économie sociale, Les Ateliers Transition ­aimerait devenir une entreprise d’insertion, ce qui lui permettrait d’accroître son financement et de maximiser l’accompagnement des travailleurs sur le marché du travail en offrant une période de stage à l’emploi, par exemple.

Or, selon M. St-Arnaud, il semblerait qu’un moratoire soit en vigueur quant à la création d’entreprises d’insertion. « Pourtant, statistiques à l’appui, nous savons que le retour sur investissement est de 70 % pour le gouvernement. Alors c’est à suivre », souligne-t-il.

La présidente de l’entreprise, Émilie-Claude Picinbono, estime que « nous ­travaillons tellement fort avec très peu de moyens donc nous méritons un meilleur appui et plus de respect ».

Alors qu’en entreprise d’insertion les employés sont considérés comme des ­salariés à temps plein (35 heures semaine), ceux des Ateliers Transition ont une semaine de travail limitée à 20 heures afin d’éviter une répercussion sur le montant de leur prestation d’aide sociale.

L’entreprise maskoutaine, qui est ­actuellement en période d’embauche, ­emploie de 35 à 40 travailleurs et dispose d’un budget annuel de 478 000 $ dont 36 % proviennent de fonds autogénérés.

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