3 mai 2012
Une injonction exige la tenue de sept cours
Près de 200 étudiants de retour sur les bancs du Cégep
Par: Le Courrier
En assemblée générale, mercredi, les étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe tenaient un vote secret sur la reconduction de la grève pour une huitième semaine.

En assemblée générale, mercredi, les étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe tenaient un vote secret sur la reconduction de la grève pour une huitième semaine.

La septième semaine de boycott étudiant au Cégep de Saint-Hyacinthe a été marquée par une ordonnance d’injonction provisoire du tribunal exigeant la tenue de sept cours. Depuis lundi, près de 200 étudiants concernés par l’injonction sont de retour en classe, tandis qu’à l’extérieur, la colère gronde toujours.

Le 25 avril, en fin de journée, Marc-Antoine Fournier, un étudiant en sciences de la nature, a demandé et obtenu de pouvoir reprendre ses sept cours à l’horaire.

Le jeune homme craignait de ne pas pouvoir obtenir les crédits nécessaires pour s’inscrire cet automne au programme de médecine auquel il a été admis, perdant ainsi sa place aux mains d’autres étudiants qui fréquentent des établissements collégiaux qui ne sont pas touchés par le boycott. Dès lundi, les étudiants inscrits dans les sept cours visés étaient donc attendus en classe, puisque ces cours ne seront pas repris par la suite, a précisé le collège. Ainsi les étudiants concernés étaient tenus d’y participer. La rentrée en classe s’est déroulée sous haute surveillance, mais dans le calme. Des gardiens de sécurité et plusieurs cadres étaient postés aux entrées du collège et dans le corridor menant au cours de biologie, le premier à être repris. Presque tous les étudiants inscrits se sont présentés dans la classe, mais au moins la moitié ont quitté avant la fin du cours. Dehors, le Syndicat des professeurs du Cégep de Saint-Hyacinthe avait organisé une marche funèbre à laquelle ont participé une centaine d’étudiants. Dans le silence, les professeurs ont porté le cercueil de la « démocratie étudiante ». « Considérant l’exemplarité du processus démocratique mis en place par le Regroupement des étudiants, nous sommes profondément déçus du fait que notre communauté se fasse servir ce remède de cheval s’appuyant sur une notion d’urgence abusive attribuée à un seul individu au détriment de tous », ont déclaré les professeurs. Isabelle Duchesne, une professeure de chimie touchée par l’injonction, a aussi témoigné de son désarroi devant l’ordonnance du tribunal. « Pour la première fois de ma vie, je vais faire quelque chose parce que quelqu’un me l’ordonne, même si ça contrevient à mes valeurs, a-t-elle plaidé. Je vais le faire à contre-coeur, mais avec le même professionnalisme. »Le Regroupement des étudiants a pour sa part déploré la judiciarisation du débat, mais a convenu d’insérer dans son entente avec la direction l’accès libre aux sept cours décrits dans l’ordonnance du tribunal. « On parle de sept cours sur plusieurs centaines », a relativisé le président Anthony Chiasson-Leblanc.

Journée des travailleurs

Pour souligner la Journée internationale des travailleurs, mardi, les membres des syndicats de la CSN avaient été invités à porter le carré rouge en appui à la lutte étudiante et à tenir des piquets de grève symboliques sur l’heure du dîner.

Le vice-président pour la région de Saint-Hyacinthe, Pierre Harnois, a soutenu que la CSN souhaitait une sortie de crise négociée et une plus grande ouverture du gouvernement. « Ce débat dépasse maintenant largement celui de la seule hausse des frais de scolarité. On parle d’accessibilité aux études et de services sociaux. La CSN partage les valeurs et les préoccupations des étudiants », a ajouté M. Harnois.Hier, mercredi, les étudiants tenaient le vote de la reconduction de la grève pour une huitième semaine et devaient se prononcer par la même occasion sur l’offre de la ministre Line Beauchamp. Les résultats n’étaient pas encore connus au moment de mettre sous presse. Ils seront publiés au www.lecourrier.qc.ca dès qu’ils nous auront été communiqués.

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