13 novembre 2014
Réforme dans les Carrefours jeunesse-emploi
Près de 400 Maskoutains n’auront plus accès aux services
Par: Jennifer Blanchette
La directrice générale d’Espace carrière, Josée Jamieson, s’inquiète du sort réservé aux jeunes « sans chèque » qui ne pourront plus fréquenter le Carrefour jeunesse-emploi maskoutain après la mise en place de la réforme libérale.  Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La directrice générale d’Espace carrière, Josée Jamieson, s’inquiète du sort réservé aux jeunes « sans chèque » qui ne pourront plus fréquenter le Carrefour jeunesse-emploi maskoutain après la mise en place de la réforme libérale. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Le coup de barre que s’apprête à donner Québec dans les Carrefours jeunesse-emploi (CJE) privera près des deux tiers de la clientèle maskoutaine du service d’aide à l’emploi offert aux jeunes à Saint-Hyacinthe.

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Dès le 1er avril, la vocation des CJE sera revue par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale afin que les services ne s’adressent qu’aux personnes âgées entre 18 et 35 ans, prestataires de l’aide sociale ou de l’assurance-emploi.

« Avec ces nouvelles mesures, il y a près de 400 jeunes sur 600 qui n’auraient plus accès à nos services et il n’y aurait plus de ressources pour eux. Nous devons nous assurer de continuer à servir tous les jeunes, sans distinction, car sinon ils risquent tous de se retrouver avec un chèque [de prestation gouvernementale]. C’est un véritable non-sens », fulmine la directrice générale d’Espace carrière et de son volet jeunesse, le CJE, Josée Jamieson.

Elle dénonce d’ailleurs la vision étroite du gouvernement quant au rôle dans lequel il souhaite confiner les CJE. « C’est réducteur de notre rôle de croire que la recherche d’emploi ne se limite qu’aux outils de recherche [CV, entrevues, etc.]. De nombreux jeunes ont de la difficulté à intégrer le milieu du travail pas seulement à cause de leur CV, mais aussi en raison d’un parcours de vie parfois difficile. »

Mme Jamieson donne l’exemple de La Marge – École de la rue, un programme s’adressant aux jeunes de 16 à 24 ans pour qui la scolarisation traditionnelle n’est pas une option et qui disparaîtra avec la réforme de Québec, car il ne vise pas uniquement l’intégration au marché du travail.

« Avec La Marge, nous ne sommes pas dans un développement à court terme, c’est vrai. Mais je ne crois pas que ce soit gagnant pour la société d’être aussi réducteur. Le message que véhicule le ministre pour l’instant, c’est qu’il faut que les jeunes travaillent et pour cela, un bon CV fera l’affaire », déplore Josée Jamieson.

Elle soutient que la mission des CJE est plutôt d’aider les jeunes à cheminer vers un emploi, mais surtout de leur donner l’hygiène de vie et les aptitudes nécessaires afin de conserver cet emploi.

Pour dénoncer cette réforme, l’ensemble des CJE arbore le Rond jaune, qui signifie qu’aucun jeune ne devrait être exclu de ces organismes d’aide à l’emploi.

« Pour l’instant, il n’y a pas de place pour la négociation. Mais le réseau des CJE va faire des propositions au gouvernement, alors je ne perds pas espoir », affirme Mme Jamieson.

Abolition des CRÉ

L’épée de Damoclès pend également au-dessus de la tête des Conférences régionales des élus (CRÉ) que le gouvernement envisage d’abolir.

Québec soutient que des économies sont à prévoir, car ce retrait éviterait les dédoublements avec d’autres organismes gouvernementaux dont les fonctions sont similaires à celles des CRÉ.

Le ministre des Affaires municipales et de l’occupation du territoire, Pierre Moreau, affirme également que les frais de gestion des CRÉ sont de l’ordre de 38 %, ce que réfute le président de la CRÉ Montérégie Est.

« Cette information est totalement fausse, car lors du dernier exercice de reddition de compte effectué au printemps 2014, le pourcentage attribué à l’administration tournait autour de 9 %. C’est donc dire que 91 % du budget des CRÉ est investi dans le développement des régions », estime Michel Picotte.

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