25 avril 2013
Une centaine de dépenses cachées au CLD
Près de la moitié des employés ont une carte de crédit
Par: Martin Bourassa
La carte de crédit corporative fait partie des outils de travail privilégiés du personnel du CLD. Il y en a cinq ou six en circulation, selon le DG qui refuse de dire combien d'employés possèdent aussi une carte de crédit au nom de la Cité de la biotechnologie.

La carte de crédit corporative fait partie des outils de travail privilégiés du personnel du CLD. Il y en a cinq ou six en circulation, selon le DG qui refuse de dire combien d'employés possèdent aussi une carte de crédit au nom de la Cité de la biotechnologie.

Pratiquement un employé du CLD Les Maskoutains sur deux a en sa possession une carte crédit corporative de l’organisme.

Pour l’ensemble des 13 employés réguliers, le directeur général Mario De Tilly a confirmé au COURRIER qu’il y a actuellement en circulation « cinq ou six cartes de crédit », tout en refusant de dévoiler l’identité des titulaires.

LE COURRIER a même été en mesure d’établir de façon assez précise que le nombre de cartes corporatives au nom du CLD et se rattachant à M. De Tilly a atteint sept à un certain moment en 2009. À titre de comparaison, il y a deux fois plus de cartes de crédit en circulation au CLD qu’à la Ville de Saint-Hyacinthe. À cet endroit, il n’y a que trois cartes de crédit utilisées pour l’ensemble des quelque 275 employés.Mario de Tilly refuse de dire s’il a aussi en sa possession une carte de crédit de la Cité de la biotechnologie, une société affiliée au CLD, et combien de cartes de crédit corporatives au nom de la Cité sont en circulation. « Ce n’est pas de tes affaires. »Il mentionne cependant que le président du CLD et de la Cité n’en a pas.La directrice générale adjointe de la Cité, Nathalie Laberge, n’a évidemment pas accès à une carte de crédit du CLD, nous informe son supérieur immédiat.Impossible de savoir si elle en a une de la Cité.

Des relevés caviardés

Examiner la nature et mesurer l’ampleur des dépenses figurant sur les cartes de crédit du personnel du CLD n’est pas une mince tâche.

Pas moins d’une centaine de dépenses portées sur les différentes cartes de crédit du CLD entre 2010 et 2012 ont été caviardées, c’est-à-dire rayées au feutre noir afin de les soustraire à notre regard. Il en va de même pour les points Air Miles et autres avantages en lien avec le volume des achats faits à crédit.Sur les relevés du directeur général, 28 dépenses ont été caviardées depuis trois ans.Au CLD, on explique ce caviardage par le fait que ces dépenses auraient entre autres été remboursées par des partenaires privés ou publics.« Les dépenses personnelles encourues par certains employés et remboursées par eux ont également été retranchées des relevés puisqu’il s’agit de renseignements personnels qui n’ont pas un caractère public. Il en est de même des dépenses encourues aux fins de formation de main-d’oeuvre », nous a écrit Élyse Champagne, responsable de l’accès à l’information au CLD Les Maskoutains. « Se servir de la carte de crédit du CLD à des fins personnelles peut survenir dans des situations particulières, mais tout est remboursé et c’est indiqué sur les relevés », a précisé M. De Tilly.Par leur caractère inusité, certaines dépenses relevées sur sa carte de crédit corporative ont toutefois attiré notre attention. C’est entre autres le cas pour des transactions totalisant 7 327 $ auprès de Postes Canada le 30 novembre 2012.Sur les cartes utilisées par d’autres personnes que le DG au CLD, on retrouve quelques achats intriguants de 150 $ auprès de l’Association des marchands du centre-ville (SDC) et à la boutique Vertige, de même qu’un achat de 300 $ à la boutique Bebe Rama.La perle se trouve cependant dans la liste des « Frais de déplacement et de représentation des cadres » qui ont été facturés au CLD en 2012.On y retrouve une facture de 156 $ de la Fondation du Cégep de Saint-Hyacinthe.Il s’agit en fait du coût d’achat d’un billet pour le tirage de la Loto-Voyage de la Fondation. L’histoire ne dit pas si la chance a souri au CLD!

M.B.

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