7 juillet 2016
McLaren 570S
Presque parfaite
Par: Marc Bouchard
Photos Marc Bouchard

Photos Marc Bouchard

Il arrive, assez souvent (trop diront certains détracteurs et jaloux de tout acabit) que je conduise des voitures spectaculaires. Au cours des quelques années de ma carrière, j’ai eu l’occasion de prendre le volant de certains des plus beaux véhicules de la planète. Chaque fois, j’ai la même impression de satisfaction tranquille, mêlée à une certaine fébrilité, un peu comme un enfant qui a l’autorisation de jouer avec son tout nouveau cadeau de Noël.

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Quand cette conduite a lieu dans ma ville, c’est encore mieux. Je suis totalement dans ma zone de confort et je peux pleinement profiter des plaisirs du pilotage. C’est exactement ce que j’ai vécu tout au long du long week-end de la fête du Canada, alors que j’ai pu sillonner les rues maskoutaines au volant d’une véritable voiture d’exception, la McLaren 570S.

Soyons précis : mon essai s’est réalisé dans toutes les situations, sauf la discrétion, la voiture ayant fait l’objet de véritables reportages photo amateur sur différents sites locaux réservés aux mordus. Plus encore, certaines personnes ont même fait un arrêt prolongé à l’épicerie et fait venir leurs enfants pour faire des photos à ses côtés. C’est dire combien la voiture attirait les regards.

Non sans raison d’ailleurs, puisque la McLaren 570S est, tout simplement, éblouissante. Sa robe rouge éclatant faisait tourner les têtes, alors que sa silhouette d’un aérodynamisme remarquable faisait penser à une véritable voiture de course. Ajoutez à cela des portières qui s’ouvrent en ciseaux, et une sonorité de moteur que l’on pouvait aisément reconnaître à plusieurs centaines de mètres de distance, et vous aurez toutes les raisons qui ont poussé des dizaines de Maskoutains et Maskoutaines à me saluer le pouce bien haut tout au long de la fin de semaine.

Motorisation amusante

Les vrais puristes vous le diront, la McLaren 570S n’a pas exactement tout ce qu’il faut pour répondre au qualificatif de voiture exotique. Il lui manque une certaine puissance, et plus encore, une certaine exclusivité, pour pouvoir prétendre au titre. En attendant, elle se contente (!) de faire la lutte aux Audi R8 et Porsche 911 de ce monde, ce qui n’est quand même pas banal.

Sous le capot de la McLaren, un moteur V8 de 3,8 litres turbocompressé déchainant dans un véritable rugissement ses 562 chevaux (le 570 du nom faisant référence à la puissance totale en version européenne). Jumelé à une boite automatique 7 rapports, que l’on peut manipuler en mode manuel, mais qui agit avec tout autant de bonheur en mode 10 % automatique, la voiture réalise le 0-100 kilomètres à l’heure en moins de 3,2 secondes si on utilise le « launch control », ce dispositif qui permet de précharger la puissance de la voiture et de se lancer comme si on sortait d’un fusil.

En mode plus normal – lire ici en appuyant simplement sur l’accélérateur sans utiliser ce système – le 0-100 se réalise en un peu plus de 4 secondes, victime du délai de réponse du turbo. Mais une fois la courbe de puissance atteinte, attention; l’accélération est foudroyante et comme l’a dit un ami qui a participé à une séance d’accélération effectuée sur un circuit fermé, nous oblige à raviver certains muscles du cou pour conserver la tête droite.

Une fois cela dit cependant, il faut savoir que la McLaren 570S est une étonnante voiture de tous les jours. Ses suspensions, que l’on peut placer en mode sport, se montrent plutôt confortables en mode régulier, et la direction n’exige pas de contorsion et des biceps d’enfer pour maintenir le cap.

Évidemment, comme toutes les voitures du genre, l’ergonomie est simple, voire simpliste, l’espace de chargement moins qu’imposant, bien que plus élevé que dans une Porsche 911, et l’accès à bord (surtout en ressortir dois-je le dire) exige quelques contorsions. Mais la conduite en vaut l’effort.

Précisons aussi que la finition intérieure est sans reproche, le cuir Alcantara abondant aux quatre coins de l’habitacle. Seul l’écran d’affichage multifonction central est un peu trop élémentaire pour avoir sa place à bord d’un tel véhicule.

La garde au sol, extrêmement basse, joue aussi un rôle évident dans la façon dont on aborde certaines portions pavées, mais tous ces facteurs combinés ne sont pas de nature à me faire oublier le plaisir que j’ai éprouvé au volant de la voiture.

J’avoue aussi ne pas avoir détesté l’attention dont j’étais l’objet quand je la conduisais. Mais cela aussi fait partie du plaisir de conduire une voiture aussi spectaculaire.

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