22 août 2013
Land Rover Range Rover supercharged
Presque Superman
Par: Marc Bouchard

Je l’ai souvent dit et je le répète : je n’ai aucune objectivité quand vient le temps de parler du gigantesque Range Rover. Il est vrai que son nom complet ressemble davantage à un exercice de diction qu’à un véhicule de performance pour le francophone que je suis, mais il a tellement à offrir que je suis prêt à lui pardonner de me torturer la mâchoire.

Remodelé pour 2013, le Range Rover a reçu bon nombre de modifications physiques, mais il a conservé son charme et son allure autoritaire. Sa silhouette est toujours aisément reconnaissable, surtout que l’on n’a pas changé ses angles carrés et son imposante dimension.

Mais dans les faits, le grand frère de la famille (car il s’agit bien du plus imposant de tous) a subi assez de transformations pour parler de toute nouvelle génération. Sa carcasse elle-même est désormais nettement plus légère, faisant appel à des matériaux plus modernes et plus raffinés. Le résultat est une cure amaigrissante permettant de réduire le poids de l’ensemble de quelque 400 kilos. Les blocs optiques, qui mettent à profit un affichage LED, ont désormais une allure plus stylisée, et nettement plus déterminée. En fait, il est désormais impossible de confondre le grand Range Rover quand on le voit venir de loin. À l’intérieur aussi, les changements sont palpables. On a libéré un peu la console centrale, allégeant le tout en éliminant quelques boutons au profit de molettes plus fonctionnelles. Quant aux sièges, ils sont confortables, enveloppants et réglables dans quasiment toutes les positions. Le tableau de bord est aussi un exemple du genre. Les cadrans sont aisément lisibles, utilisant la technologie des écrans d’affichage plutôt que de véritables cadrans mécaniques. La vision y est donc nettement plus efficace, et plus agréable.

Superman, ou presque

Vous connaissez Superman, ce super héros dont la silhouette n’est pas sans rappeler la mienne (hum hum…), mais dont les capacités sont littéralement infinies? Le Land Rover Range Rover est presque dans la même catégorie.

Propre et reluisant, il se classe aisément dans la catégorie des voitures de luxe haut de gamme. Et c’est sans gêne aucune que je me suis stationné au centre-ville montréalais, juste en face d’un restaurant à la mode, sous les regards admiratifs de la foule assise sur la terrasse. Il faut dire que je suis ressorti de ma voiture avec un sourire béat, gracieuseté des sièges chauffants et ventilés qui offrent de surcroît trois modes de massage! Une fois le souper terminé, je me suis rendu chercher ma progéniture et ses amis. Véhicule familial aussi, le Range Rover a accueilli ses passagers aux places arrière (chauffantes comme de raison) sans rechigner, leur donnant même la possibilité de regarder leur film préféré dans un des deux écrans intégrés dans l’appuie-tête. Et puisque je voulais vraiment tester les capacités de ce grand utilitaire sport aux prétentions ultimes, je me suis même aventuré dans une zone plus accidentée, suivant, avec sa permission, un conducteur de tracteur dans un champ boueux. Appuyé du système All-terrain qui permet de sélectionner le mode tout terrain souhaité entre les rocs, le sable, la neige, le tarmac ou les montages (ou mieux encore de le laisser en mode automatique pour qu’il intervienne lui-même), je me suis débrouillé comme un chef, rehaussant parfois la suspension pneumatique d’une simple pression du doigt pour augmenter la garde au sol. En fait, je n’ai tout simplement pas trouvé les limites de mon camion, tout comme je ne les avais pas trouvées à mon premier essai en terre marocaine il y a quelques mois. Mais, car il y toujours un mais, le range Rover, tout comme Superman, a aussi sa kryptonite. Elle prend ici la forme de carburant, car même en ménageant le V8 5,0 litres suralimenté et ses 510 chevaux, j’ai dû me contenter d’une consommation de 15,6 litres aux 100 kilomètres, d’essence super, comme il se doit! Sans compter que certaines commandes sont complexes ou inutiles (je n’ai toujours pas compris comment fermer le massage qui démarre tout seul après un certain temps) et que la fiabilité de Land Rover ne trône toujours pas au sommet de ses qualités. Et détail non négligeable, le coût d’achat est, de base, à 116 000 $. Mais au-delà de ces considérations, et du fait que l’image même du véhicule n’est pas politiquement correcte en raison son gigantesque format, je dois l’avouer, j’adore le Range Rover. Difficile de ne pas aimer un véhicule qui vous fait sentir quasiment tout-puissant!

Forces :

– Capacité hors route – Moteur puissant – Espace intérieur

Faiblesses :

– Consommation – Fiabilité à prouver – Prix

Fiche technique:

Moteur : V8 5.0L suralimenté DACT 32 soupapes Puissance (ch@tr/min) : 510 CH Roues motrices : 4 roues motrices Transmission : Automatique à 8 rapports Freins : Disques avant/ disques arrière Consommation : 15,6 l aux 100 km (combiné – estimé) Prix : à partir de 116 895 $

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