24 novembre 2011
Priorité au méthane
Par: Martin Bourassa

Dans le plan triennal d’immobilisations qu’elle vient d’adopter, la Ville de Saint-Hyacinthe fait de la phase II de son programme de biométhanisation mis en place à la station d’épuration sa grosse priorité. Sur les 69 M$ de projets qu’elle caresse l’an prochain, cette phase II en englobe 36,3 M$, soit plus de la moitié.

Dans le plan triennal d’immobilisations qu’elle vient d’adopter, la Ville de Saint-Hyacinthe fait de la phase II de son programme de biométhanisation mis en place à la station d’épuration sa grosse priorité. Sur les 69 M$ de projets qu’elle caresse l’an prochain, cette phase II en englobe 36,3 M$, soit plus de la moitié.

C’est quand même beaucoup d’argent pour des digesteurs de méthane qui sont totalement inconnus des Maskoutains, même s’ils font des jaloux partout autour et même à l’étranger. Cette haute technologie écolo a pris naissance dans l’indifférence. Peu de Maskoutains savent que la Ville a investi progressivement 9 M$ de ses propres fonds dans la phase I. Cet investissement n’a pas fait de vagues puisqu’il s’autofinance à long terme sans doute, contrairement à d’autres projets d’infrastructures.C’est quand même un investissement considérable quand on sait que la Ville a injecté moins de ses propres fonds dans sa salle de spectacles, puis dans son centre aquatique. Et ces deux projets ont fait couler pas mal plus d’encre. Et maintenant, la Ville annonce qu’elle est prête à injecter un autre 7 M$ dans la biométhanisation.Et on n’entend personne se soucier de l’impact que cela aura sur le compte de taxes. La Ville de Saint-Hyacinthe lie cet investissement de 7 M$ à des subventions attendues de 31,4 M$ de la part de Québec et d’Ottawa. Je ne me souviens pas de subventions gouvernementales aussi généreuses pour un seul projet à Saint-Hyacinthe.Même que la Ville parle de ces subventions comme étant de simples formalités.Une chose est sûre, la Ville mérite un appui tangible des gouvernements supérieurs après avoir financé totalement la phase I. Depuis des tas de projets similaires ont poussé à droite et à gauche avec des subventions ou des promesses de subventions.Pour une question d’équité, nous méritons amplement notre part du gâteau et il serait inconcevable de se lancer tout seul dans la phase II. Mais c’est quand même étrange de constater à quel point ces investissements écologiques semblent aller de soi, alors que d’autres ne passent pas. Ainsi, la Ville aura injecté d’ici peu l’équivalent de 16 M$ à l’usine de filtration sans attirer l’attention et sans inquiéter les contribuables. Mais elle présente le projet de tunnel sur le boulevard Casavant, et une dépense approximative du même ordre jusqu’à preuve du contraire, comme étant la fin du monde.Comme si un tunnel n’avait aucune retombée positive.

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