10 septembre 2020
Pénurie de vétérinaires en région
Projet de doctorat à l’Université du Québec à Rimouski
Par: Jean-Luc Lorry

Sur la photo, de gauche à droite, Jean-Pierre Ouellet, recteur de l’Université du Québec à Rimouski; Marie-Ève Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional; Daniel Jutras, recteur de l’Université de Montréal; Christine Theoret, doyenne de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal à Saint-Hyacinthe; et André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Photo gracieuseté

Pour remédier à une pénurie alarmante de vétérinaires dans plusieurs régions du Québec, le doctorat en médecine vétérinaire, qui se donne sur le campus de l’Université de Montréal (UdeM) à Saint-Hyacinthe, pourrait être offert dès la rentrée 2022 à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

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Ce programme décentralisé, une première au Canada, permettrait de former 25 étudiants supplémentaires par année. Actuellement, la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) reçoit plus de 1000 demandes d’admission pour 96 places disponibles en première année.

« Nous ne réussissons pas à placer nos médecins vétérinaires en région. Nous devons augmenter la taille des cohortes en répondant aux besoins les plus criants », indique Christine Theoret, doyenne de la FMV, en entrevue au COURRIER.

« Nous avons choisi Rimouski parce que cette ville est l’hôte d’une institution universitaire et parce qu’elle est située dans la région du Bas-Saint-Laurent, qui est fragile en matière de services vétérinaires. De nouveaux cours seront basés sur l’expertise de l’UQAR, comme la faune sauvage, terrestre, aquatique et marine », poursuit-elle.

Selon la doyenne, la Gaspésie et les îles de la Madeleine manquent également de médecins vétérinaires.

En conférence de presse à Rimouski, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, a rappelé que la pénurie de médecins vétérinaires s’observe particulièrement dans le domaine bioalimentaire. « Il y a une pénurie de vétérinaires dans le secteur des grands animaux. Aujourd’hui, la pression est grande », a souligné le ministre Lamontagne.

Ce projet est encore à l’étape de l’étude de faisabilité. Une enveloppe conjointe de près de 630 000 $ a été accordée à l’Université de Montréal et à l’UQAR pour élaborer un dossier d’opportunité. Ce montant servira à évaluer les besoins en ressources humaines et en infrastructures pour concrétiser cette nouvelle formation dans la région du Bas-Saint-Laurent.

« Cette délocalisation du programme de médecine vétérinaire sera à l’égal du programme de médecine humaine qui se donne en Mauricie [Université de Montréal en Mauricie, à Trois-Rivières]. Il faut enraciner les médecins vétérinaires en région dans les endroits où nous en avons besoin », a indiqué Daniel Jutras, recteur de l’Université de Montréal.

La doyenne voit d’un bon œil ce futur partenariat avec l’UQAR. « Je pense que si nous restions seuls à Saint-Hyacinthe, nous aurions moins d’aides gouvernementales. Avec un partenaire régional, l’approche sera plus crédible pour nous », considère Christine Theoret.

La création à venir d’un centre de simulation sur les campus de Saint-Hyacinthe et de Rimouski devrait agrémenter le projet de développement d’un Quartier des études supérieures à Saint-Hyacinthe.

« Grâce à la réalité virtuelle, ce centre permettra des immersions comme la visite d’une exploitation agricole. L’utilisation de mannequins permettra aux étudiants de se pratiquer sans stress. Le centre pourrait servir également aux étudiants de l’ITA et à ceux du Cégep de Saint-Hyacinthe [programmes techniques] », mentionne Mme Theoret.

Le futur étudiant au doctorat en sciences vétérinaires étudiera les trois premières années du programme sur le site universitaire de Rimouski. La quatrième année, qui consiste à effectuer des travaux pratiques et de stages précliniques, aura lieu à la Faculté de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe. Quant à la cinquième année, elle se déroulera à 50 % au Centre hospitalier universitaire vétérinaire (CHUV) de Saint-Hyacinthe et à 50 % en région.

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