7 mai 2020
Protéger les réfugiés au Mexique
Par: Véronique Lemonde

Le Maskoutain Pierre-Marc René conseille un réfugié sur les mesures de prévention pour lutter contre la COVID-19, à Tapachula, dans le sud du Mexique. Photo gracieuseté

Originaire de Saint-Hyacinthe, Pierre-Marc René habite le Mexique depuis une dizaine d’années. Travaillant auprès de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) depuis 2018, M. René œuvre dorénavant dans l’État du Chiapas, à Tapachula, à la frontière du Guatemala, un lieu très fréquenté par les demandeurs d’asile. La COVID-19 met donc les autorités sanitaires et humanitaires aux aguets, souhaitant tous assurer la protection des réfugiés en provenance du Guatemala, du Honduras et du Salvador pour lutter contre l’épidémie.

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À ce jour, seulement 177 cas de COVID-19 étaient confirmés dans l’État du Chiapas, dont sept décès. Avec une population de près de 5 millions de personnes, dont la capitale Tuxtla Gutiérrez compte 550 000 habitants, cette partie du sud du Mexique s’en tire relativement bien jusqu’à maintenant.

« Il y a présentement environ quatre cas confirmés de la COVID à Tapachula, mais aucun dans la population de réfugiés et de demandeurs d’asile, indique Pierre-Marc René, responsable des communications pour l’organisation humanitaire à Tapachula. Comme nous sommes la première ville que les réfugiés du sud rencontrent en arrivant au Mexique, il y a vraiment beaucoup de monde ici. » Fuyant la violence, les groupes armés et les persécutions, 65 % des réfugiés transitent par Tapachula, soit 70 000 personnes seulement en 2019.

« Depuis le 20 mars environ, nous demandons aux gens ici de demeurer à la maison, de respecter une distanciation physique et de laver abondamment leurs mains. Les gens de 60 ans et plus doivent aussi rester confinés. Mais notre travail doit se poursuivre tout de même. Nous distribuons aux réfugiés des gels antibactériens, sécurisons les refuges et répétons plusieurs fois par jour les mesures d’hygiène à respecter. »

Pour la cause, M. René et son équipe œuvrent surtout en télétravail présentement, relayant plusieurs capsules d’informations sur la page Facebook espagnole de l’Agence HCR. « Je ne suis pas très inquiet, car la situation est tout de même sous contrôle dans le Chiapas. Je connais bien le pays et je m’y sens en sécurité malgré tout. Et mon travail auprès des réfugiés se poursuit et prend tout son sens avec cette pandémie », conclut-il, alors que nous pouvons lire dans d’autres médias internationaux que plusieurs milliers de migrants sans-papiers peinent à subvenir présentement à leurs besoins à Tapachula, alors que les commerces sont fermés durant la pandémie.

Saint-Hyacinthe fait partie des 21 villes canadiennes solidaires envers les réfugiés parmi 245 villes dans le monde, le conseil municipal maskoutain ayant signé la déclaration des Nations Unies en 2019.

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