26 août 2021
Qualité de l’air dans les écoles : un père remet en doute les résultats
Par: Sarah-Eve Charland

À l’école Sainte-Rosalie, les concentrations de dioxyde de carbone ont parfois dépassé la limite suggérée de 1000 ppm en présence d’enfants. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Alors que les détecteurs de dioxyde de carbone (CO2) se font attendre dans les écoles de la région, un père remet en doute les résultats des tests réalisés l’hiver dernier. Après des recherches, il n’a pas réussi à se faire confirmer des informations sur la méthodologie.

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L’hiver dernier, le Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSSH) a effectué des tests dans les écoles pour détecter le dioxyde de carbone. Certains ont été réalisés par une entreprise sous-traitante et d’autres par les employés du CSSSH, selon la régisseuse aux communications, Isabelle Ricard. Les membres du personnel ont reçu une formation sur l’utilisation de l’appareil et sur le protocole prescrit par le ministère de l’Éducation. L’équipement n’est pas certifié, mais le CSSSH « s’assure de manière rigoureuse que l’équipement soit fiable et que les appareils soient recalibrés au besoin afin qu’ils prennent des mesures avec une précision constante », dit-elle.

Le père d’un élève à l’école Sainte- Rosalie, Sylvain Savoie, a échangé avec le directeur du Service des ressources matérielles par courriel. Ce dernier indique que le CSSSH n’est pas un laboratoire agréé et qu’il n’est pas obligé de garder de registre quant à la calibration des équipements. Pour M. Savoie, autant dire que les résultats n’ont aucune valeur.

« Je me suis intéressé à comment ces tests ont été réalisés. Les réponses que j’ai eues sont limitées. Pourquoi est-ce qu’on a publié des résultats si on n’est pas capable de les appuyer? Pourquoi disent-ils qu’ils ont confiance? », se questionne M. Savoie, qui travaille dans le domaine pharmaceutique. « En pharmaceutique, comme dans d’autres domaines, la règle est claire; si ce n’est pas écrit, ça n’existe pas. »

M. Savoie demande à ce qu’on réalise de nouveau les tests, mais en dévoilant la méthodologie, en passant par le nom du technicien, les informations sur sa formation et en dévoilant la certification des équipements. « Il faut rapidement que la commission scolaire refasse ces tests ou installe des détecteurs de CO2 afin d’avoir un portrait réel de la qualité de l’air des classes. »

L’hiver dernier, ce père avait d’ailleurs proposé d’installer un purificateur d’air financé par les parents, mais n’avait pas reçu de réponse positive du CSSSH. Le gouvernement avait statué qu’il ne recommandait pas l’installation de purificateurs d’air dans les écoles, s’appuyant sur un rapport d’experts de la santé publique.

Concentrations de CO

Selon une note technique du ministère de l’Éducation, le centre de services scolaire devait établir un portrait de la concentration de dioxyde de carbone dans ses bâtiments et mettre en œuvre des actions correctives permettant de respecter une concentration de 1000 ppm.

Les résultats obtenus à l’école Sainte-Rosalie démontrent que la concentration de CO2 dépasse régulièrement 1000 ppm et peut atteindre 1423 ppm en présence d’enfants. Le CSSSH indique plutôt que le 1000 ppm est une cible à atteindre, mais qu’il est jugé acceptable par le ministère des concentrations inférieures à 1500 ppm.

« La ventilation mécanique de nos établissements a été modifiée à l’automne 2020 afin d’augmenter la quantité d’air provenant de l’extérieur. Aussi, depuis l’automne dernier, les directions de nos établissements sont sensibilisées sur une base régulière à l’importance de ventiler régulièrement les classes en ouvrant les fenêtres, selon les indications données par la Direction de santé publique et le gouvernement du Québec », mentionne Mme Ricard.

Le gouvernement du Québec a lancé un appel d’offres pour l’installation des détecteurs de dioxyde de carbone pour l’ensemble des écoles de la province. L’installation des détecteurs dans les écoles pourrait se réaliser d’ici décembre.

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