13 février 2020
Des souris et des hommes
Quand la chimie des personnages déteint sur les comédiens
Par: Maxime Prévost Durand

À l’image de l’amitié qui unit leurs personnages dans la pièce Des souris et des hommes, les comédiens Benoît McGinnis et Guillaume Cyr ont rapidement développé une grande chimie sur scène. Photo Caroline Laberge

Les comédiens Benoît McGinnis et Guillaume Cyr étaient visiblement destinés à monter sur les planches ensemble. Ils finalisent ces jours-ci la préparation de la pièce Les trois sœurs, dans laquelle ils joueront au Théâtre du Nouveau Monde en mars. Tout ça en même temps qu’ils sillonnent les salles du Québec avec Des souris et des hommes, une pièce présentée d’abord chez Duceppe et qui s’arrêtera à Saint-Hyacinthe le 21 février à la salle Desjardins du Centre des arts Juliette-Lassonde.

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« Quand j’ai vu ça, j’ai dit à Guillaume “on est mieux de bien s’entendre cette année” », ricane Benoît McGinnis au bout du fil, dans une entrevue téléphonique accordée au COURRIER.

Les deux comédiens avaient seulement joué dans une même pièce par le passé, Les trois mousquetaires, mais leurs personnages ne se croisaient dans aucune scène. C’est tout le contraire dans Des souris et des hommes où ils incarnent les deux grands amis George (Benoît McGinnis) et Lennie (Guillaume Cyr). Et tout de suite, la chimie a opéré, si bien qu’ils sont excités à l’idée de jouer ensemble à nouveau dans cet autre projet bientôt présenté au public. « Guillaume est tellement un bon partenaire », indique Benoît McGinnis, dont la feuille de route en théâtre est débordante.

Une histoire d’amitié

Des souris et des hommes, c’est ce classique de la littérature américaine, écrit par John Steinbeck dans les années 1930. Une histoire d’amitié à la fatalité cruelle, mettant en scène George, un petit homme débrouillard et protecteur, et son ami Lennie, un gaillard simple d’esprit, pourvu d’une grande force, mais aussi d’une pauvre maladresse. Ensemble, ils rêvent de liberté et peuvent compter l’un sur l’autre. Mais partout où ils passent, ils sont chassés en raison des fautes commises par Lennie. Des fautes qui reflètent en fait sa déficience.

Même si le texte date de plusieurs décennies, son propos demeure intemporel, estime Benoît McGinnis. « C’est un sujet universel, celui de l’amitié. C’est une pièce très humaine. Ce sont des situations et des enjeux que tout le monde peut vivre. »

Pour cette version de la pièce, dont la mise en scène est signée Vincent-Guillaume Otis, une certaine actualisation est néanmoins proposée, notamment dans les dialogues, traduits par Jean-Philippe Lehoux avec un vocabulaire plus contemporain et québécois. On le ressent aussi dans la présentation de certains personnages alors que « la femme » de la pièce a un nom – Mae – pour la première fois. Moins langoureuse et aguichante que dans les versions précédentes, elle est davantage présentée comme une fille dans un lieu d’hommes qui s’ennuie et qui dérange.

Quoi qu’il en soit, la pièce touche les gens de la même manière qu’elle l’a fait par le passé, que ce soit avec le télé-théâtre qui avait été présenté à Radio-Canada dans les années 1970 ou d’autres versions proposées au théâtre.

« Une dame m’a dit qu’elle avait autant pleuré qu’il y a 30 ans, confie Benoît McGinnis. Elle ne s’attendait pas à ça vu qu’elle savait ce qu’il allait se passer. […] C’est une preuve que, quand une pièce est bonne, elle passe à travers le temps. »

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