6 décembre 2018
L’Estrade
Quand la poésie s’invite à la Maison des Jeunes
Par: Maxime Prévost Durand
Six adolescents qui fréquentent la Maison des Jeunes ont participé à des ateliers de poésie menés par l’auteure maskoutaine Maude Pilon. Un recueil intitulé L’Estrade en est ressorti, lequel sera distribué dans les bibliothèques des écoles de la région. Photo courtoisie

Six adolescents qui fréquentent la Maison des Jeunes ont participé à des ateliers de poésie menés par l’auteure maskoutaine Maude Pilon. Un recueil intitulé L’Estrade en est ressorti, lequel sera distribué dans les bibliothèques des écoles de la région. Photo courtoisie

Quand la poésie s’invite à la Maison des Jeunes

Quand la poésie s’invite à la Maison des Jeunes

Six adolescents de la Maison des Jeunes ont été initiés cet automne à la poésie. Sous la forme d’ateliers, ils ont pu mettre à profit – ou carrément découvrir – leur esprit créatif en compagnie de l’auteure maskoutaine Maude Pilon. De ces rencontres est ressorti un recueil, intitulé L’Estrade, dont le lancement se fera dimanche, de 14 h à 16 h, à la librairie L’Intrigue.

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La Maison des Jeunes a ouvert ses portes à l’auteure maskoutaine afin que celle-ci propose son projet aux jeunes qui fréquentent l’endroit. Parmi ceux qu’elle a réussi à convaincre, certains y ont participé d’abord avec un certain scepticisme, d’autres avec enthousiasme.

« Je donne des ateliers d’écriture poétique et je suis médiatrice culturelle, mais c’était complètement nouveau pour moi la culture que l’on retrouve à la Maison des Jeunes, raconte Maude Pilon. Le projet, c’était à la fois un défi pour moi et pour eux. »

À travers le brouhaha de la Maison des Jeunes, ils se sont réunis lors de quatre ateliers d’une heure, les jeudis de septembre à octobre. Une vingtaine de courts textes, de lignes ou de séries de mots ont été rédigés par le groupe d’adolescents, composé d’Amélye Blouin, Sabrina Bonin-Trudel, Jade Godin-Godon, Kristina Grenier-Dumberry, Océane Lajeunesse Piché et Jeffrey Malo-Deschênes. L’ensemble se retrouve dans le recueil qui a été assemblé par la suite. Bien qu’au départ ils étaient un peu gênés de voir leurs textes être lus par leur famille, leurs camarades ou même des inconnus, les jeunes auteurs ont tous accepté de se prêter au jeu.

Ceux-ci se sont laissés gagner par l’approche ludique de Maude Pilon et ont pris le projet très au sérieux, même si leur concentration pouvait s’envoler le temps d’un instant avec le va-et-vient du lieu.

Bien qu’elle encadrait les ateliers, l’auteure de 35 ans ne voulait pas « leur montrer quoi faire », mais plutôt les guider. Au fil des ateliers, ils ont notamment constaté que la poésie, ce n’est pas seulement de faire des rimes, que la liberté qu’elle permet est carrément illimitée. « Dans la poésie, il peut ne pas y avoir d’ordre, ne pas y avoir de style », estime Maude Pilon, qui a voulu briser l’idée que l’on se fait habituellement de ce type d’écriture.

Parmi les exercices qu’elle leur a proposés, il y a eu le jeu du « coup de dé », qui choisit aléatoirement les mots à utiliser, ou encore la découpe de certains bouts de phrases qui les interpellaient dans des livres à partir desquels un texte poétique était ensuite créé. Même si le résultat ne faisait pas nécessairement de sens à première vue, l’auteure leur a fait comprendre qu’il n’est pas toujours obligé d’y avoir un sens. « Communiquer n’est pas le but premier en poésie, c’est plutôt de ressentir et d’aiguiser sa sensibilité », indique-t-elle.

Cette façon d’aborder la poésie a permis à certains des participants de prendre confiance en l’art qu’ils proposent. « Il y en a une qui me disait qu’elle n’aimait jamais ce qu’elle écrivait avant, tandis que ce qu’elle a écrit lors des ateliers, elle en était fière », raconte l’instigatrice du projet.

L’Estrade est devenu le titre du recueil en lien avec un endroit auquel les jeunes faisaient souvent référence. « Pour eux, c’est un lieu où on peut être soi-même, où il n’y a pas d’adulte, un lieu social où on est en gang. Je trouvais qu’il y avait un peu de poésie dans l’image de l’estrade. »

Conçu par Maude Pilon, qui est aussi graphiste, le recueil sera distribué dans les bibliothèques des écoles de la région, notamment. Il sera disponible également à la librairie L’Intrigue. L’Estrade est publié aux Éditions Barachois et a été déposé à la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Pour Maude Pilon, cette expérience à la Maison des Jeunes s’inscrit au cœur d’un projet pour lequel elle avait obtenu un soutien financier du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil de la culture de Saint-Hyacinthe dans le cadre du Programme de partenariat territorial en Montérégie-Est. Un montant de 8 000 $ lui avait notamment été remis pour qu’elle puisse se consacrer à l’écriture de son projet Ornière éternelle, une rhapsodie montérégienne, qui vise à explorer différentes techniques poétiques inspirées par les endroits qu’elle visite. Un volet du projet devait aussi servir à l’exploration littéraire collaborative avec des jeunes de la région, d’où sa collaboration avec la Maison des Jeunes.

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