13 mai 2021
Quand l’art devient moteur d’inclusion
Par: Maxime Prévost Durand

Sur la photo, de gauche à droite, on retrouve à l’avant les artistes André Bouthat et Lisette-Hélène Blanchard, puis à l’arrière l’art-thérapeute Andréanne Rioux, l’artiste Annie Renauld, la coordonnatrice du Trait d’union montérégien Sylvie Tétreault et l’artiste Réjean Robineau. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une nouvelle exposition intitulée L’art de l’inclusion vient de prendre l’affiche au 1855, exposition collective. Réalisée dans le cadre d’un projet spécial de médiation culturelle entre la galerie maskoutaine et l’organisme le Trait d’union montérégien (TUM), cette exposition sera présentée jusqu’au 6 juin.

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À travers une série d’ateliers art-thérapeutiques, rendus possibles grâce au soutien financier du gouvernement du Québec, treize participants du TUM ont créé des œuvres, à la fois collectives et individuelles, afin de former cette exposition. Celle-ci coïncide d’ailleurs avec le 30e anniversaire de l’organisme, qui offre un service de parrainage pour briser la solitude chez les aînés et favoriser la réinsertion sociale d’adultes vivant, ayant vécu ou étant à risque de vivre de la détresse émotionnelle.

Dénué d’attentes esthétiques, ce projet misait d’abord et avant tout sur le moyen de s’exprimer grâce à la création artistique pour que les participants puissent partager leur vécu, apprendre à se connaître et créer des liens qui vont au-delà de cette expérience.

« La mission première de ce projet était de briser l’isolement et cet objectif est atteint, soutient la coordonnatrice du TUM, Sylvie Tétreault. On voit les gens oser. Ça prend beaucoup de confiance en soi pour faire ça et c’est une chose qui va les aider dans leurs relations. »

L’exposition avait d’abord été prévue l’an dernier, mais l’arrivée de la pandémie au moment où les préparatifs s’enclenchaient avait forcé son report à cette année. Les quelques mois supplémentaires ont néanmoins permis aux participants de continuer de créer d’autres œuvres, dans le cadre de séances individuelles notamment, et de les ajouter à l’exposition.

« Chacun des participants a au moins six œuvres, mais il y en a qui ont jusqu’à une dizaine d’œuvres », mentionne Andréanne Rioux, l’artiste et art-thérapeute qui a accompagné le groupe dans ce projet.

Parmi ces œuvres se trouve un assemblage de pièces de casse-tête, regroupant une pièce faite par chaque participant. « Le symbole du casse-tête unit les gens et les trous qui sont présents laissent la place pour d’autres à se joindre », souligne Mme Rioux.

Certains participants avaient déjà touché à l’art avant cette expérience, tandis que d’autres se lançaient pour la première fois. Lors des ateliers, ils ont été initiés aux techniques de peinture acrylique et ils ont appris les rudiments de l’organisation d’une exposition collective.

« Ça m’a donné de l’épanouissement, souligne André Bouthat, l’un des exposants. Ça m’a permis de laisser aller mon imagination et ma créativité, on a pu se défouler sur les couleurs. Il y avait un bel esprit d’équipe, on parlait de ce que notre dessin représentait pour nous. »

« Je trouve ça beau de voir l’évolution de nos œuvres entre chaque atelier, note quant à elle Annie Renauld. Il y a beaucoup de couleurs, c’est vivant. On expose pour montrer que, même si on a des troubles de santé mentale, on fait de belles choses. »

De son côté, Réjean Robineau a profité de ce projet pour donner la touche finale à une œuvre surréaliste, intitulée « Phobos », qu’il avait entamée quelques années plus tôt. « Ça m’a pris cinq ans pour la faire », dit-il en pointant certains détails qui ont nécessité plusieurs heures de travail.

Lisette-Hélène Blanchard a pour sa part renoué avec le plaisir de peindre, même si elle a été confrontée à essayer de nouvelles techniques dans le cadre de ces ateliers. « Je partais d’un dessin ou d’une photo habituellement, mais là, ce n’était pas ça du tout. Par exemple, il fallait faire un arbre et Andréanne nous disait “invente-le, ton arbre”. Au début, je trouvais ça difficile. C’était un vrai défi, mais je suis fière de ce que j’ai fait. C’était une belle expérience et je recommencerais. Ça nous a fait rencontrer des gens et apprendre à collaborer. Ça nous a fait nous ouvrir. »

Les visiteurs sont invités à apprécier ces œuvres selon les heures régulières du 1855, exposition collective, soit les jeudis et vendredis de 12 h à 17 h 30 et les samedis et dimanches de 12 h à 16 h 30. Des visites commentées seront aussi organisées sur réservation les mercredis 19 et 26 mai. Une exposition virtuelle est également offerte au www.tumartetinclusion.wixsite.com/artinclusion.

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