1 mars 2018
Quand « l’économie » va bien!
Par: Le Courrier

J’ai assisté le 6 février à la conférence de presse des six organisations en défense des droits dans notre milieu. Des organismes qui œuvrent pour les locataires, le transport adapté, les gens qui sont au chômage, en difficulté financière ou sur l’aide sociale. Ces travailleuses et travailleurs du communautaire font un travail de titan et ont toute mon admiration.

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Leur cri du cœur est celui-ci : ils ont bien hâte que le financement de base des organismes soit complet, adéquat, qu’il respecte les chartes des organismes et permette des conditions de travail dignes à leurs travailleuses et travailleurs, d’autant plus qu’il s’agit d’une majorité de femmes. Ils peinent présentement à jouer leur rôle d’accompagnement, d’information, de formation et de sensibilisation pour les citoyennes et citoyens face à leurs droits et leurs services.

Pourtant, ces gens ne devraient jamais avoir à se battre pour ce minimum. Gouvernement après gouvernement, des demandes ont été faites et laissées sans réponses. Des leurres électoraux ont tenu captifs des gens de bonne volonté qui espéraient sincèrement que ces fonds minimums feraient partie des budgets… mais ceux-ci ne leur réservaient que des miettes.

Maintenant que le gouvernement actuel nous dit que l’économie va bien, les infirmières se lèvent en bloc pour « opérer » des changements fondamentaux, des enseignantes et enseignants se « manifestent » pour nous rappeler la lourdeur des situations qu’ils et qu’elles vivent quotidiennement et le milieu communautaire nous fait savoir sa propre détresse à soulager celle des citoyens et citoyennes. Il me semble que c’est assez désormais et qu’il est temps que cette belle économie miroitante soit réinvestie dans ces secteurs!

Pendant cette rencontre de presse, des gens se questionnaient sur les positions de certains partis politiques concernant cette question du financement du communautaire. Un vieux réflexe de se demander ce que pensent les partis qui « pourraient prendre le pouvoir », car des élections s’en viennent et les bonbons commencent à être promis!

Personnellement, je crois que le passé politique de ces vieux partis et politiciens dits d’expérience est garant de l’avenir. Encore une fois, le financement des organismes communautaires ne sera pas une priorité dans les grandes orientations budgétaires, car ces organismes ne servent que des électeurs de seconde zone, des pauvres, des gens seuls, peu éduqués, des familles en difficulté, monoparentales. Bref, des gens qui souvent ne votent pas et ne donnent pas de financement à ces partis!

Alors, je conclus avec cette question : pendant que les gens se disent qu’il est impératif de financer adéquatement nos organismes communautaires et nos services, auront-ils le courage politique de porter au pouvoir un parti qui est clairement là pour eux plutôt que de se demander, en échange de leur vote, quel est celui qui aura la gentillesse de leur laisser quelques miettes sous la table?

Pour un Québec libre, juste, égalitaire et vert.

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