29 mars 2012
Tali Darsigny suit le parcours de son père Yvan
Quand l’haltérophilie devient une affaire de famille
Par: Maxime Desroches
Tali Darsigny représente, de l'avis de plusieurs observateurs, un talent rare en haltérophilie.

Tali Darsigny représente, de l'avis de plusieurs observateurs, un talent rare en haltérophilie.

Tali Darsigny dit garder un souvenir, même si elle était en bas âge à l’époque, d’avoir vu son père Yvan, double olympien en haltérophilie, compétitionner sur la scène internationale. Désormais animée par la même passion pour cette discipline, la Maskoutaine de 14 ans possède, de l’avis de plusieurs observateurs, tous les outils requis pour s’élever elle aussi parmi l’élite de son sport.

Initiée à l’haltérophilie à l’âge de 9 ans, la jeune athlète du Club La Machine Rouge a le bagage génétique et la détermination nécessaire pour réaliser de grandes choses, raconte son père, qui est également son instructeur. La mère de Tali, Kim, a elle aussi consacré plusieurs années de sa vie à cette discipline, prenant même part à quatre championnats mondiaux d’haltérophilie.

« Dans notre jeune temps, mon frère jumeau Yves et moi étions reconnus pour notre force brute, mais pas vraiment pour notre technique. À l’inverse, la mère de Tali, Kim, était une très bonne technicienne. Je crois sincèrement que Tali, en raison de ses gènes, a un mélange de ces qualités. Elle a des jambes puissantes et maîtrise très bien les mouvements. Mais au-delà de cela, elle est déterminée et sait ce qu’elle veut », analyse celui qui n’avait que 18 ans lors de sa première participation aux Jeux Olympiques, à Los Angeles, en 1984.

Réécrire le livre des records

Levant maintenant dans la catégorie de poids des 53 kg, Tali a pulvérisé plusieurs marques dans la dernière année, et désire s’attaquer à plusieurs autres dès cet été. Elle est notamment devenue, à 12 ans, la plus jeune haltérophile au Canada à obtenir le standard canadien senior. La jeune surdouée a surpassé le cumulatif de 129 kg (pour les athlètes féminines de 53 kg) à l’épaulé-jeté et à l’arraché.

Lors de l’épreuve des Jeunes Louis-Cyr, en mai, Tali tentera d’abattre le record de sa coéquipière du Club La Machine Rouge, Annie Moniqui, établi lorsque celle-ci avait 16 ans, et qui tient depuis maintenant cinq ans.« J’ai beaucoup de plaisir à me comparer à Annie parce qu’elle est une athlète talentueuse et dévouée à l’entraînement. Notre parcours est semblable. Tout comme moi, elle a débuté vers l’âge de 10 ans. Elle me motive à me surpasser en me montrant, de temps à autre, ses feuilles de résultats obtenus lorsqu’elle avait mon âge », raconte celle qui évalue à une quinzaine d’heures le temps consacré à son entraînement hebdomadaire. Médaillée d’or des Jeux du Québec à l’épreuve d’épaulé-jeté, ainsi qu’au championnat canadien junior en 2011, Tali en a aussi mis plein la vue à sa première participation du côté senior — contre des leveuses de trois à quatre ans plus âgées de surcroît — remportant le bronze au combiné, toujours en classe 53 kg.

Un sérieux hors de l’ordinaire

Impliqué dans les activités du Club La Machine Rouge depuis 40 ans à titre d’entraîneur ou de directeur, Normand Ménard a vu passer des dizaines d’athlètes de haut niveau. Bien peu ont réussi à se démarquer sur la scène provinciale et nationale à un aussi jeune âge que Tali, estime l’ancien professeur d’éducation physique.

« Au-delà de ses résultats, elle a une maturité que très peu de jeunes de cet âge démontrent. Sa rigueur à l’entraînement témoigne du sérieux de sa démarche. Tali veut réellement réussir dans ce sport. Et elle a l’attitude pour y arriver », soutient-il.« À cet âge, il n’est pas rare de voir un jeune athlète rater une pratique ici et là pour différentes raisons. Avec Tali, ce n’est jamais le cas. Elle a un plan bien défini et elle entend le respecter, tout en gardant un équilibre entre son programme d’études internationales, son sport et ses amis », ajoute son paternel.Le rêve olympique a-t-il déjà fait son bout de chemin dans la tête de la jeune haltérophile? « Bien sûr! », s’exclame-t-elle. « Je vise une participation à ceux de 2016. J’aurai 18 ans à ce moment-là, comme mon père lors de ses premiers Jeux. C’est encore bien loin tout cela, mais c’est ma plus grande source de motivation. »« Tali vit un peu son rêve olympique en s’inspirant de mon parcours. De temps à autre, elle regarde mes albums-photos des Jeux et mes résultats de compétition de l’époque. Je lui souhaite de tout coeur de pouvoir vivre un jour cette expérience unique! », conclut Yvan Darsigny.

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