29 août 2013
Quand Nissan se lance dans la puissance!
Par: Marc Bouchard

(Newport Beach, Californie)- Enfoncé dans mon siège, je ne suis pas le plus confortable, dois-je le préciser. Mes rondeurs naturelles sont serrées par un siège de performance totalement rigide, la tête coincée par un casque et totalement incapable de bouger, retenu par une ceinture de course à cinq points d’attache. Tout cela pour conduire un Nissan Juke…

Mais pas n’importe quel Nissan Juke. Le Juke R, un bolide de course littéralement dont les quantités à travers le monde sont extrêmement limitées. Et non sans raison puisque dans les faits, le Juke R est un de ces petits utilitaires normaux, auquel on a plutôt greffé une mécanique de Nissan GT-R.

Le résultat est plus qu’impressionnant : 485 chevaux, une accélération de 0 à 100 en moins de 3,7 secondes (ce qui en fait le multisegment le plus rapide au monde), et une véritable conduite de go-kart. Car la voiture n’a pas pour autant perdu sa tenue de route exceptionnelle (merci aux suspensions améliorées) et sa direction amusante. L’expérience a été concluante (et méritait tout l’équipement). Le démarrage se fait en ligne droite, sur les chapeaux de roue. Le petit Juke s’élance avec vigueur, quasi violence. Puis au premier virage, premier constat : ce n’est pas ici une voiture de route ordinaire tellement elle colle à la route. Enfilade en lacet à haute vitesse suivie d’un long virage à droite que j’aborde un peu trop vigoureusement. Le Juke R décide alors de suivre sa propre trajectoire, entraînant un long et bruyant dérapage de la partie arrière. Mains bien appuyées sur le volant, je bataille, mais réussis à reprendre le cap sans même faire tomber un des cônes qui bordent la piste. Ouf… Le reste de l’essai s’est déroulé au même rythme : accélérations, freinages à fond et virages rapides. La conclusion est inévitable : le Juke R demande une certaine délicatesse à conduire, mais est une véritable machine de course.

Tout cela et plus encore

L’essai du Juke R n’est cependant qu’un seul volet de ce que Nissan a réservé à plusieurs dizaines de journalistes qui se sont rendus, ou se rendront, sur l’ancienne base militaire de El Toro en Californie au cours des prochaines semaines pour assister au Nissan 360, ainsi baptisé puisque l’événement est conçu pour être un tour d’horizon à 360 degrés de tous les produits de la compagnie Nissan à travers le monde.

Outre le Juke R, il était donc possible de prendre la route au volant des Moco, Micra, Sylvia et autres Elgrand de ce monde, en plus de la trentaine de modèles Nissan et Infiniti vendus chez nous. Mais évidemment, le grand enfant que je suis a surtout profité de l’occasion pour prendre place dans des voitures uniques. Le Juke R n’en est qu’un. J’ai aussi pu tester la véritable puissance des voitures électriques, en réalisant un court (trop) test de la Nissan Leaf Nismo RC, cette abréviation signifiant évidemment Race Car. Voiture électrique certes, mais ici pas de compromis ni de besoin d’autonomie. La Leaf RC a été construite pour des performances sur piste, même si leur durée était plutôt limitée. Une fois au volant cependant, on oublie cette anxiété. La voiture dispose d’un véritable cockpit de course, avec cage de protection, et se conduit comme une véritable voiture de course. L’accélération est phénoménale (le couple d’une voiture électrique est disponible dès le départ contrairement au moteur à combustion) et les freinages identiques à ceux d’une Formule. Il faut freiner à fond, et progressivement relâcher la pédale, à l’inverse de nos expériences routières. Quant au volant, il est direct, sans aucun compromis; le moindre mouvement se trahit immédiatement dans la trajectoire. À peine débarqué de ma voiture de course, on me propose une autre randonnée électrique de performance, dans un prototype cette fois : le Emerg-e de Infiniti. Dotée d’une motorisation électrique équivalant à quelque 400 chevaux, la voiture a une silhouette exotique, et un habitacle raffiné. Et ô joie, seule une petite poignée de journalistes (4 ou 5) auront l’occasion de la tester. Bien sûr, l’accélération est totalement décoiffante et silencieuse (elle est électrique, rappelons-le), mais on s’y sent davantage comme dans une voiture de route. Le freinage est appuyé, mais familier. Et le volant se comporte avec la précision d’une des grandes voitures exotiques de ce monde. Petit bémol, je n’ai pu me résigner à tenter des slaloms trop vifs, la voiture étant conçue pour la conduite à droite. Le conducteur nord-américain que je suis ayant un peu de peine à se faire à cette position de conduite, j’ai pris le parti de lever le pied en virage. Surtout que la voiture est l’une des trois seules existantes au monde. Avouons-le, même s’il n’y a aucune chance que ces véhicules ne se retrouvent sur nos routes un jour, elles font quand même la preuve que Nissan maîtrise bien la performance électrique.

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