11 février 2021
Quand un rêve enfoui resurgit
Par: Maxime Prévost Durand

La Maskoutaine Martine Arpin, tout sourire en présentant ses deux premiers livres jeunesse, soit Philémon à la mer, qui paraîtra en mars, et Thomas, lancé cet automne. Photo gracieuseté

Martine Arpin n’avait jamais envisagé d’être publiée par un éditeur. C’était un rêve enfoui, en quelque sorte. Pourtant, cet automne, la Maskoutaine a vu son premier livre jeunesse se retrouver sur les étagères des librairies. Il s’intitule Thomas. Puis, un second album, Philémon à la mer, s’apprête à voir le jour très bientôt.

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« Ça m’a pris du temps. J’écris depuis longtemps, mais juste pour moi. J’ai mon carnet de notes dans lequel j’écris mes idées », confesse l’auteure, qui savoure finalement sa première publication à l’âge de 45 ans.

Il y a près de 15 ans qu’elle avait entamé l’écriture de Thomas. Celle qui est enseignante au premier cycle du primaire avait même soumis l’histoire à un éditeur à l’époque pour recueillir ses commentaires. Mais la vie – avec l’arrivée d’enfants notamment – a fait en sorte que le manuscrit a été mis de côté.

« J’ai suivi une formation sur l’enseignement de l’écriture [il y a quelques années] et ça m’a donné le goût de retrouver mes carnets de notes », se remémore la Maskoutaine, qui vit maintenant à Coteau-du-Lac. Depuis, elle prend plaisir à écrire tous les jours.

Durant ces années, elle a également fait la rencontre d’Yves Nadon, un auteur qui agit comme directeur de la maison d’édition D’eux.

« Il a été un grand mentor pour moi. Il a été enseignant au primaire lui aussi. Comme ami, je lui ai fait lire mon texte et il m’a dit : ça doit être publié! »

Près de trois ans plus tard, elle tenait enfin le livre Thomas dans ses mains.

« [La publication de Thomas], c’est arrivé au fil des rencontres et des échanges », souligne-t-elle.

Raconter le deuil aux enfants

Martine Arpin ne s’est pas donné la tâche facile pour ce premier livre jeunesse. Il parle d’un sujet délicat, soit celui du deuil chez l’enfant.

Le petit Thomas, personnage principal, vient tout juste de perdre sa mère et il « cherche comment réparer son cœur brisé », peut-on lire en quatrième de couverture. L’enfant tentera de combler le vide créé par ce départ, bien difficile à comprendre à un tel âge.

Pour ce récit, l’auteure dit avoir été inspirée par l’histoire d’un élève qui a croisé sa route et dont la mère était en fin de vie.

« Je ne savais pas comment, comme adulte, on pouvait aborder ça. La façon que j’ai trouvée, c’est avec les mots et l’écriture. »

Il lui fallait toutefois trouver les bons mots. Un grand souci a été accordé à chacun d’eux, tout comme la sonorité et le rythme dans le texte.

« Je ne voulais pas que ce soit dramatique, même si c’est un sujet dramatique, raconte-t-elle. Ce n’est pas juste par rapport à la mort. C’est aussi par rapport à plusieurs moments qui causent de grands chagrins. »

Thomas a pris vie sous les traits de crayon de l’illustratrice belge Claude K. Dubois, une « grande artiste » aux yeux de Martine Aprin. « Quand j’ai vu ses images, je me suis dit : c’est ça, c’est lui Thomas. J’avais la même image en tête sans le savoir. »

Tout juste paru au Québec en novembre aux éditions D’eux, le livre traversera déjà l’Atlantique pour être distribué en Europe dès février. Presque au même moment, en mars, ce sera au tour de Philémon à la mer de se retrouver dans les librairies québécoises. Avec ses illustrations aux couleurs vives, signées Jean-Claude Alphen, et une histoire plus légère destinée aux plus jeunes enfants, ce second album de Martine Arpin est aux antipodes de Thomas.

Maintenant qu’elle a vu ses premiers albums faire leur chemin jusqu’à une maison d’édition, Martine Arpin a déjà la confirmation que deux autres livres jeunesse seront publiés. L’un aura un ton similaire à celui de Thomas et traitera de l’intimidation, tandis que l’autre sera une suite à Philémon à la mer.

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