23 mai 2013
Quatre ans trop tard
Par: Martin Bourassa
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La Ville de Saint-Hyacinthe aura un tout nouveau maire le 3 novembre prochain. Après 21 ans de règne, le maire Claude Bernier a annoncé mardi soir qu’il ne sera pas sur les rangs aux prochaines élections municipales.

Ce faisant, il a mis fin aux rumeurs contradictoires qui ont circulé jusqu’à la toute dernière minute quant à ses intentions. Parions qu’il n’aurait pas détesté en découdre encore une fois, lui qui semble toujours en bonne forme.Ceux qui le côtoient de près savent pourtant que le dernier mandat l’a passablement usé, lui qui a souvent eu du mal à composer avec un conseil renouvelé, plus contestataire que solidaire. Notre bon maire de consensus a souffert pas mal. On sentait moins d’entrain, voire une certaine aigreur dans ses propos. Le fait qu’une majorité d’électeurs ait voté contre lui en novembre 2009 n’a sûrement pas aidé.Mais spontanément, j’ose affirmer que ce dernier mandat a été de trop.Et j’ai comme l’impression que Claude Bernier doit se sentir soulagé aujourd’hui, tout comme sa famille et ses proches. Pas certain que tout ce beau monde sautait de joie à l’idée de voir M. Bernier se lancer dans l’arène à nouveau.Cela dit, que doit-on retenir des 21 ans de règne de Claude Bernier?En toute honnêteté, je pense que le bilan sera davantage positif que négatif.Il faut lui reconnaître de bons coups, des décisions risquées et controversées et quelques gestes qu’il est encore trop tôt pour évaluer.Parmi ses bons coups, et ceux des conseils qu’il a dirigés, l’assainissement des finances publiques. Sous son règne s’est opéré tout un redressement au niveau de la dette de la Ville de Saint-Hyacinthe, une opération soutenue par une conjoncture économique favorable il est vrai. Il aurait quitté avec un bilan encore plus favorable au niveau de la dette s’il avait laissé sa place en 2009 cependant. À la nouvelle dette de la Ville, il faut maintenant ajouter celle qui viendra avec le tunnel du boulevard Casavant et la dette de quelque 25 M$ enfouie dans les états financiers de la Cité de la biotechnologie, et dont la Ville cautionne allègrement les activités.Autre bon coup de l’administration Bernier, la réalisation, contre vents et marées, du Centre des arts Juliette-Lassonde. Claude Bernier était aussi apprécié des Maskoutains. Son dévouement et sa disponibilité ont été sa marque de commerce. Son capital de sympathie a atteint un sommet autour des Jeux du Québec, des Fêtes du 250 e et de la crise du verglas, crise qu’il a traversée droit comme un chêne.Son bilan n’est cependant pas parfait. Claude Bernier aura été au centre de décisions controversées au cours des 20 dernières années. Il a dit non, non et non au train de banlieue, à l’aéroport régional et a mis la clé dans la porte de la Sûreté municipale.Il vient aussi de céder à l’entreprise privée le contrôle de trois des quatre glaces qui seront bientôt mises à la disposition des Maskoutains. Et il aura fallu un tour de force pour lui faire entendre raison au sujet du boulevard Casavant. Encore aujourd’hui, je persiste à croire qu’il n’a toujours pas digéré cette décision du conseil et que lui, personnellement, ne veut rien savoir d’un tunnel à quatre voies.Parmi ses petits défauts, il faut bien lui reconnaître un certain entêtement, ou un entêtement certain, à porter plusieurs chapeaux comme ceux de maire et de président du CLD et de la Cité. Dans le cas de ces deux dernières organisations, son principal défaut aura sans doute été de ne pas mettre la transparence au premier rang de ses priorités. Il y a parfois des limites à vouloir défendre l’indéfendable. À ce chapitre, Mario De Tilly vient peut-être de perdre son principal allié au conseil municipal.Pour le reste, le bilan personnel de M. Bernier comme maire de la Ville de Saint-Hyacinthe se défend, c’est le principal. Sa décision est la bonne, cela ne fait aucun doute. Elle survient seulement quatre ans trop tard.Et parmi ses autres petits défauts, ajoutons la rancune. Il a annoncé sa décision à la radio de Boom-Fm 30 minutes avant d’en faire l’annonce publique au conseil, levant délibérément le nez sur les deux seuls médias de Saint-Hyacinthe qui couvrent religieusement les activités du conseil. Et il en rajoute une couche en nous adressant une lettre ouverte à publier sans frais, lui qui refuse depuis des semaines de répondre aux questions du Courrier dans le dossier du CLD et de la Cité.Cheapo jusqu’à la dernière goutte…

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