15 octobre 2020
Que le théâtre continue!
Par: Maxime Prévost Durand

Avec plusieurs adaptations nécessaires, les productions théâtrales des finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe iront de l’avant malgré le contexte pandémique. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Adaptation. C’est le mot-clé cette année à l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe. Malgré une rentrée atypique, les finissants présenteront, comme à l’habitude, les pièces qui étaient déjà prévues à la programmation, même si cela implique des ajustements tant au niveau du jeu et de la mise en scène que dans la manière de les présenter.

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« On a décidé de ne pas changer la programmation chez nous, alors que d’autres écoles l’ont fait, mentionne Luce Pelletier, responsable du département d’interprétation théâtrale. On va de l’avant avec les textes qui avaient été sélectionnés et on va les adapter aux directives sanitaires. »

C’est donc à deux mètres de distance que les finissants joueront leur première pièce, Hamlet/Électre de Cécile Ladjali, du 23 au 29 octobre, sur la scène de la Salle Léon-Ringuet. Et ce, malgré le passage de la région en zone rouge.

« Si tout se déroule tel qu’indiqué par le gouvernement, les stages, même suivis au cégep, auront lieu tel que prévu, indique Mme Pelletier. Il faudra voir pour le port du masque, mais les représentations pourront avoir lieu. »

Ces représentations se feront toutefois sans public, à l’exception des autres étudiants de l’École de théâtre qui pourraient peut-être y assister en personne. Une captation est prévue pour en faire la webdiffusion au bénéfice du grand public, qui pourra regarder la pièce en ligne au coût de 5 $. Trois caméras et des micros de qualité seront utilisés pour assurer un rendu professionnel, promet Mme Pelletier.

Par la force des choses, l’École de théâtre est l’un des départements du cégep où les étudiants sont les plus présents sur le campus, même si certains cours sont tout de même donnés en ligne. Mais ceux qui doivent se faire en personne sont maintenus.

« Le fait de pouvoir être sur place et de pouvoir répéter permet à nos étudiants de continuer à apprendre leur métier », se réjouit Mme Pelletier.

Elle avoue qu’il faut toutefois « être imaginatif » dans le contexte actuel, tout en gardant les étudiants motivés, alors que certains d’entre eux ont partagé leurs insécurités depuis la rentrée.

« C’est un milieu plus incertain dans lequel les finissants vont sortir, qui est plus ébranlé avec moins de tournages, mais on voulait donner à chacun et chacune la chance d’avoir tous les outils pour faire ce métier. »

Miser sur l’intériorité

Pour la première pièce qui sera proposée par les finissants, les scènes de proximité ont dû être pensées différemment par la metteuse en scène Marie Charlebois, en fonction de la distanciation. Les comédiens seront donc dispersés sur la scène, une situation qui les force à jouer avec « plus d’intériorité et d’émotions », affirme Luce Pelletier.

Puisque certaines actions ne peuvent plus être déployées en raison de la distanciation, on misera sur les didascalies. C’est donc dire que, plutôt que de voir les actions se dérouler, elles seront dictées. Et c’est La Mort, un personnage qui parlait peu dans la pièce, qui assurera ces didascalies, ce qui ajoute du même coup « une bonne dose de cynisme » au texte, fait remarquer Mme Pelletier.

L’histoire met de l’avant le conflit israélo-palestinien à travers les personnages mythiques que sont Électre, de la mythologie grecque, et Hamlet, de l’univers shakespearien. Tous deux ont vu leur père mourir aux mains de leur mère. Mais outre une tragédie qu’ils partagent, tout semble les opposer. Une rencontre les confrontera à leur destin, qui pourrait bientôt s’unir plutôt que de sombrer dans l’affrontement.

Pour voir la pièce en ligne, tous les détails se trouvent au www.ecoletheatre.cegepsth.qc.ca.

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