25 janvier 2018
Marché public
Que nous cache-t-on?
Par: Martin Bourassa

Je ne croyais pas devoir revenir sur le sujet des briques du Marché public de Saint-Hyacinthe, mais pourquoi pas. La Ville de Saint-Hyacinthe cache des choses aux Maskoutains dans ce dossier et alimente la suspicion à son endroit.

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Clairement, l’administration municipale n’a jamais vu venir la grogne face à sa décision de dégarnir le Marché public de son enveloppe extérieure pour le briqueter à neuf, mais avec des briques à l’apparence des anciennes. Elle a donc organisé récemment une seconde conférence de presse en présence de ses spécialistes, ceux qui ont examiné le bâtiment et qui veilleront à lui faire subir la grande opération.
Il s’est dit beaucoup de choses à cette rencontre, mais il manquait un peu de substance, de concret à se mettre sous la dent. De viande comme on dit.
C’est cette dernière que nous espérions retrouver dans le rapport d’expertise que nous avons dû demander à la Ville de Saint-Hyacinthe par l’entremise de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics. En partant, il apparaît un peu étrange de devoir passer par cette étape pour obtenir un tel rapport. Une administration publique qui prêche par la transparence aurait remis tous les documents pertinents d’entrée de jeu et avec empressement, il me semble. À la conférence de presse ou bien dès la demande formulée. Elle n’aurait pas pris 30 jours pour s’exécuter et pour remettre des documents incomplets, en prenant soin de caviarder certains passages. Ce joli terme signifie que des passages ont été masqués, censurés. Comme l’avait fait jadis notre ancien directeur général du CLD avec ses relevés de carte de crédit.
Pourquoi tant de mystère bon yenne?
Si je peux admettre que des passages puissent faire l’objet d’une certaine réserve, notamment les coûts estimés des travaux, je m’interroge cependant sur l’idée de cacher l’intégrale des recommandations. Comment ne pas penser qu’une de celles-là contredit la position retenue par la Ville de Saint-Hyacinthe?
À la place du maire Claude Corbeil, je ne serais pas tellement fier que mon administration ne soit pas plus transparente. Il aurait été tellement plus simple de répondre avec franchise et ouverture en exposant la situation telle quelle est et en disant : « Voici noir sur blanc TOUTES les options que nous avions et voici pourquoi nous jugeons que la meilleure solution est celle de remplacer toutes les briques plutôt que de simplement restaurer les anciennes. »
Au lieu de cela, on a préféré tourner les coins ronds en essayant de faire croire au monde que la seule solution passait par un briquetage complet du vieux marché public. Voilà certes la plus radicale sans aucun doute, celle qui assure une paix d’esprit à plus long terme plutôt que des interventions sporadiques d’entretien, mais celle qui aura assurément pour conséquence d’effriter encore davantage la valeur patrimoniale de ce qui représente pourtant le cœur et l’âme du centre-ville.

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