22 septembre 2011
Que tombe le rideau
Par: Martin Bourassa

Un malade qui traverse une lente et pénible agonie, c’est l’image que renvoie le Théâtre de la Dame de coeur à Upton, de l’extérieur en tout cas.

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Un malade qui traverse une lente et pénible agonie, c’est l’image que renvoie le Théâtre de la Dame de coeur à Upton, de l’extérieur en tout cas.

Si la tendance se maintient, l’entreprise culturelle, vieille de plus de 30 ans, risque fort de ne pas passer l’hiver. C’est aussi dramatique que ça.Le conseil des maires de la MRC d’Acton vient de refuser de rehausser sur le champ son support financier, ce qui fragilise d’autant la mise en place d’une nouvelle production théâtrale pour l’an prochain. La MRC n’a pas fermé la porte à une contribution conditionnelle, mais elle exige de voir les états financiers de l’année 2011 et de pouvoir prendre le pouls du milieu socioéconomique avant d’agir.Comme si le préfet ne savait pas déjà sur quel pied dansent ces organismes, lui qui porte aussi le chapeau de président du CLD d’Acton.En somme, le milieu est en train de regarder couler un navire qu’il a abandonné depuis quelques mois, si l’on se fie au remue-ménage qui a secoué le conseil d’administration. Au coeur du problème, je constate et déplore une perte de confiance et la méconnaissance de la réalité culturelle par la classe politique locale.On ne gère pas un théâtre comme on gère une municipalité. Ce serait trop beau, le Théâtre n’aurait qu’à hausser les taxes pour équilibrer son budget. Un théâtre en plein air est un lieu de création qui commande des dépenses évidentes, mais qui génère des revenus variables. Et ils sont encore plus variables quand ce théâtre ne peut renouveler son offre, faute d’appuis suffisants et de contrats externes.Une étude indépendante financée par le Conseil des arts et lettres du Québec arrive à la conclusion que la région d’Acton doit contribuer davantage au financement et au développement de la Dame de coeur. Elle chiffre cet effort à environ 100 000 $ et établit la part de la municipalité d’Upton et de la MRC à 30 000 $.L’étude confirme au passage qu’il n’y a pas de squelettes dans les placards des administrateurs de la Dame de coeur, mais annonce qu’elle se dirige tout de même vers un déficit d’environ 75 000 $ au terme de son année financière.On va prétendre que je compare des pommes avec des oranges, mais à titre de comparaison, Saint-Hyacinthe et la MRC des Maskoutains injectent près de 60 000 $ en argent dans l’organisation du Rendez-vous des papilles, un événement qui dure un seul week-end par année et non un été au grand complet.Nul doute que la MRC d’Acton et la municipalité d’Upton ne font pas assez actuellement pour soutenir la Dame de coeur, elles qui n’ont pas encore injecté un seul sou noir dans le développement du Théâtre de la Dame de coeur en 2011, outre faire miroiter de l’argent pour la rénovation d’un toit. Si elles ne peuvent faire davantage vu leur taille ou leurs finances, c’est correct, mais elles ne méritent plus d’abriter un tel lieu de création. Dans ce cas, les administrateurs de la Dame de coeur devraient déménager leurs marionnettes géantes là où elles seraient appréciées et les bienvenues. Elles ne le sont plus à Upton et il faudrait avoir la décence et l’honnêteté de le dire.

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