20 mai 2021
Québec devient actionnaire d’Olymel en investissant 150 M$
Par: Jean-Luc Lorry

Sur la photo, de gauche à droite, Bicha Ngo, vice-présidente exécutive Placements privés d’Investissement Québec; Réjean Nadeau, PDG d’Olymel; Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation; Chantal Soucy, députée de Saint-Hyacinthe; André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation; et Ghislain Gervais, président de Sollio Groupe Coopératif, devant le siège social d’Olymel sur l’avenue Pratte. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Convaincus du potentiel de rendement du géant agroalimentaire Olymel, dont le siège social est situé à Saint-Hyacinthe, Québec et son bras financier, Investissement Québec, entrent au capital de l’entreprise en y investissant 150 M$.

Publicité
Activer le son

De ce montant, le ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) accorde 74 M$ par le biais du Fonds pour la croissance des entreprises québécoises (FCEQ). Ce nouveau fonds, qui dispose d’une enveloppe d’un milliard $, est destiné à soutenir les entreprises dont les principales activités se tiennent au Québec et qui présentent un fort potentiel de croissance ou un caractère stratégique pour l’économie québécoise.

Pour sa part, Investissement Québec verse 76 M$ à Olymel à même ses fonds propres.

Cette annonce a eu lieu mardi devant le siège social d’Olymel en présence, entre autres, de Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation; d’André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation; et des dirigeants de Sollio Groupe Coopératif, propriétaire d’Olymel.

Le ministre Fitzgibbon considère que son gouvernement fait une bonne affaire en investissant 150 M$ de fonds publics dans ce joueur de premier plan de l’industrie porcine au pays. « Nous devenons actionnaires d’Olymel et la création de valeur va nous revenir. Nous croyons en cette entreprise dominante au Canada au niveau du porc qui a des projets de croissance. Ce n’est pas un investissement défensif, mais plutôt offensif. Pour les Québécois, ils vont faire de l’argent avec Olymel en qualité d’actionnaires », estime Pierre Fitzgibbon en entrevue au COURRIER.

Ainsi, Québec devient l’un des quatre actionnaires minoritaires d’Olymel (5,7 %) avec le Groupe Brochu (Beauce), le Groupe Robitaille (Estrie) et Sanimax (Montréal). L’actionnaire majoritaire demeure Sollio Groupe Coopératif qui détient 83 % d’Olymel.

« Le porc du Québec est recherché mondialement. Quand on permet à une entreprise comme Olymel de baisser ses coûts de production, on devient un joueur international. Nous nous focalisons sur des secteurs niches au Québec où nous avons une chance d’être champions du monde. Nous avons un objectif au gouvernement de devenir davantage autosuffisants », mentionne le ministre de l’Économie.

Projets évalués à 315 M$

Cet apport de 150 M$ au capital de l’entreprise permet à Olymel de compléter des projets évalués à 315 M$. L’entreprise compte mettre à niveau ses systèmes de gestion informatiques, aménager deux abattoirs de poulet existants afin d’effectuer du préemballage sur place et ajouter un deuxième quart de travail à son usine d’abattage et de découpe de porc d’Ange-Gardien.

« Il y a une volonté des propriétaires de garder l’entreprise et de la développer. Nous sommes à agrandir notre usine à Saint-Damase pour un montant de 32 M$ et également celle de Berthierville qui est spécialisée dans la volaille », indique Réjean Nadeau, président-directeur général d’Olymel, en entrevue au COURRIER.

« Nous devons moderniser des lignes de désossage et mettre en place l’automatisation. Nous avons un budget de plus de 100 M$ par année pour ces mises à niveau », poursuit le dirigeant.

M. Nadeau souligne que le recrutement de travailleurs représente un défi de taille pour Olymel. « C’est très difficile de trouver de la main-d’œuvre locale. Nous travaillons avec les paliers provincial et fédéral pour trouver des mécanismes pour aller chercher des travailleurs étrangers. Même si nos conditions de travail sont plus élevées que le marché en général, les gens ne sont pas attirés par le travail en abattoir », souligne-t-il.

Olymel réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 4,5 milliards $. L’entreprise compte 14 000 employés au Canada, dont 10 000 au Québec. Ce transformateur de viandes de porc et de volaille opère 42 établissements au Canada, dont 30 dans la province. Olymel dispose également de fermes porcines au Québec et en Saskatchewan.

image