2 août 2018
Pôles régionaux d’innovation
Québec mécontente toute la Montérégie
Par: Benoît Lapierre
Le conseil des maires de la MRC des Maskoutains veut savoir, lui aussi, pourquoi Québec a écarté la candidature de Montérégie Économique dans le dossier des futurs pôles régionaux d’innovation et de partenariat. Photothèque | Le Courrier ©

Le conseil des maires de la MRC des Maskoutains veut savoir, lui aussi, pourquoi Québec a écarté la candidature de Montérégie Économique dans le dossier des futurs pôles régionaux d’innovation et de partenariat. Photothèque | Le Courrier ©

Toutes les MRC de la Montérégie, de même que l’agglomération de Longueuil, restent incrédules devant un choix important fait par le ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) dans la mise en place des nouveaux « Pôles régionaux d’innovation et d’entrepreneuriat », dont la création a été annoncée en février.

publicité

Les élus du territoire ne peuvent concevoir que le MESI ait pu désigner un autre organisme sans but lucratif (OSBL) que Montérégie Économique, autour duquel il y avait consensus, pour créer et animer le pôle régional d’innovation et d’entrepreneuriat de la Montérégie à l’aide d’une subvention annuelle pouvant atteindre les 400 000 $.

Cette enveloppe sera plutôt accordée à une entité appelée Entreprendre Montérégie, un OSBL de création si récente qu’il n’apparaît pas encore dans les fichiers du Registraire des entreprises du Québec.

« L’organisme choisi n’a aucune expertise ni aucune crédibilité », a résumé le directeur général de la MRC des Maskoutains, André Charron, lorsque le dossier a été soumis au conseil des maires à sa séance du 11 juillet. Les élus ont alors décidé unanimement d’appuyer le Centre local de développement (CLD) de Brome-Missisquoi dans ses efforts pour obtenir des explications du MESI.

André Charron a fait savoir que La Table des préfets de la Montérégie avait déjà décidé, le 5 juillet, de dénoncer publiquement la décision du MESI et de lui demander de s’expliquer dans cette affaire. Mais jusqu’ici, et malgré les multiples demandes qui lui ont été adressées, le MESI n’a fourni aucune explication sur son choix pour la Montérégie.

La préfet de la MRC des Maskoutains, Francine Morin, estime qu’il aurait dû être tout naturel pour le MESI de nommer Montérégie Économique pour la création du pôle d’innovation. « On espère fortement qu’on aura une réponse et des explications », a-t-elle confié au COURRIER.

Dans sa résolution transmise aux MRC, le CLD Brome-Missisquoi explique que les organismes de la région avaient décidé d’y aller d’une demande commune – le projet de Montérégie Économique – comme le leur avaient suggéré les représentants du MESI à la rencontre d’information du 27 mars.

« Le projet de Montérégie Économique correspondait en tout point aux exigences formulées. […] Montérégie Économique a déposé un projet qui incluait les 15 territoires de MRC et de l’agglomération de Longueuil et qui favorisait la concertation des acteurs en innovation et entrepreneuriat ainsi que les entreprises », fait valoir le CLD Brome-Missisquoi dans sa propre résolution.

Du côté du Ministère, on n’a pas voulu confirmer que c’est Entreprendre Montérégie, la seule autre organisation en lice, qui avait remporté l’appel de projets clôturé le 30 avril. « L’annonce n’est pas faite encore. Nous voulons faire une présentation officielle, et ça s’en vient », a indiqué Jean-Pierre D’Auteuil, responsable des relations avec les médias au MESI.

Le directeur de Développement économique des Maskoutains (DEM), Charles Fillion, siège lui-même à Montérégie Économique à titre de directeur. Il a indiqué que tous les territoires de la région administrative étaient représentés à cet OSBL, créé en 1981 pour favoriser la concertation dans le développement économique, et cela uniquement avec des collaborateurs bénévoles. En devenant un pôle d’innovation et d’entrepreneuriat, l’organisme aurait dû embaucher pour jouer son nouveau rôle. « Les pôles ne seront pas des distributeurs de subventions. Contrairement à nous, qui sommes en première ligne, c’est une intervention de deuxième ligne, un accélérateur de projets à fort potentiel d’innovation », a expliqué M. Fillion.

D’ici 2022, Québec doit investir 32 M$ dans son réseau de pôles d’innovation, lesquels devront aussi trouver du financement sur une base régionale.

« Nous devons encourager et permettre l’innovation aux quatre coins du Québec en laissant émerger un nouveau modèle de développement régional qui n’est pas dicté par le gouvernement », avait déclaré le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en annonçant la création des pôles régionaux.

Reste à voir si les élus de la Montérégie sont d’accord pour dire que le gouvernement n’a rien dicté jusqu’ici dans ce dossier.

image