18 octobre 2018
Quel avenir pour le transport en commun en région?
Par: Le Courrier
Quel avenir pour le transport en commun en région?

Quel avenir pour le transport en commun en région?

Outre dans les grandes villes du Québec où plusieurs projets sont présentement en construction (REM de Montréal) ou dans les cartons (ligne rose, tramway de Québec), une vision d’avenir globale du transport public dans notre province, et particulièrement en région, manque cruellement aux instances politiques nous ayant gouvernés ces dernières années.

Pourtant, cet enjeu est prioritaire : d’une part parce que le transport, tous modes confondus, est la principale source d’émission de gaz à effets de serre, mais aussi parce que le réseau routier a atteint un point de saturation invivable, qui nuit autant aux travailleurs qu’aux employeurs (4,2 M$ de pertes pour Montréal seulement). Ainsi, il y a eu une augmentation au Québec du parc automobile de plus de 40 000 véhicules entre 2012 et 2017 pour atteindre 5 229 263 véhicules (considérant que la population active représente 4,5 M de personnes au Québec en août 2018, cela fait plus d’une auto par personne!). À Saint-Hyacinthe et dans les villes environnantes, à cause des grandes distances à parcourir et d’un manque de transport en commun commode et accessible, la majorité des déplacements se font en voiture. Que faire pour changer cela? Voici l’exemple de villes et d’entreprises qui ont pris ce problème à bras-le-corps et ont eu l’audace d’innover.

Rimouski

Cette ville est confrontée à des enjeux similaires aux nôtres : un territoire étendu et une densité de population faible. Son transport collectif était auparavant composé d’autobus fournis par un transporteur privé et, en 1988, ce projet a été abandonné, faute de rentabilité. L’idée d’un service de transport collectif par voiture taxi a émergé au début des années 90 : c’est ainsi que le Taxibus est né en 1993. En janvier 2011, la Ville de Rimouski a ajouté à ce service des minibus urbains (Citébus) afin de desservir les secteurs les plus densifiés de la ville où réside plus de 80 % de la population. Contrairement aux taxis traditionnels, le tarif des Taxibus est identique à celui des Citébus.

Le Taxibus effectue quatre grands circuits dans les zones périphériques de la ville qui ne sont pas desservies par l’autobus, incluant les villages environnants. Il n’a besoin d’être réservé qu’une heure à l’avance et fonctionne même les fins de semaine. Des sièges pour bébé sont également fournis sur demande! www.rimouskibus.com

Covoiturage

La plateforme Amigoexpress offre du jumelage entre conducteurs et passagers se déplaçant sur de courts ou longs trajets et compte aujourd’hui plus de 200 000 membres. De nombreux départs sont offerts à Saint-Hyacinthe et même dans les villages environnants. Une nouvelle fonctionnalité est maintenant offerte, permettant de mettre en contact des gens se déplaçant tous les jours entre leur domicile et leur travail ou leur établissement d’enseignement; ce service peut même être sollicité par les entreprises elles-mêmes. local.amigoexpress.com

Dunkerque (France)

En 2015, la ville de Dunkerque a décidé de rendre ses transports en commun gratuits la fin de semaine. À la suite de cette mesure, l’achalandage a augmenté de 50 %, ce qui a conduit la Ville à instaurer la gratuité complète des transports en tout temps depuis septembre dernier. Fait intéressant, le coût de cette mesure est financé entièrement par les entreprises locales qui ont vu dans cette innovation une manière d’inciter la population à fréquenter les commerces de la ville.

De nombreux autres exemples innovants existent et pourraient nous servir d’inspiration. Il est temps d’y penser avant que l’utilisation de la voiture individuelle devienne, dans un avenir rapproché, un luxe environnemental et financier que seuls certains pourront se payer. Pour avoir d’autres idées de transport en commun, consultez notre page Facebook Plume verte Saint-Hyacinthe.

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