10 mai 2012
Quelle leçon?
Par: Pierre Bornais

Après l’euphorie, c’est l’impasse à nouveau dans le conflit étudiant.

Après l’euphorie, c’est l’impasse à nouveau dans le conflit étudiant.

Dénonçant le marché de dupes signé avec le gouvernement, les étudiants en répudient le libellé ou demandent une réécriture de cette entente. Certains y verront un autre volet de leur apprentissage de la démocratie en action; ce qui, pour eux, vaut bien des cours théoriques. À croire que des semaines de mobilisation, de manifestations et de débordements – sans les excès rapportés, il faut l’espérer – devraient être ajoutées aux matières académiques pour compléter adéquatement les études supérieures. Tout ce délire ne doit pas escamoter le fait que la véritable leçon que devront tirer les protagonistes de ce conflit se trouve ailleurs que dans cette excitation collective. Même au nom de la démocratie, on ne peut pas faire ce qu’on veut, le droit des uns étant limité par celui des autres; ce qui encadre sans l’ombre d’un doute le droit de manifester. Il ne suffit pas d’avoir a priori une cause sympathique, ou jugée comme telle par plusieurs, pour exiger que toutes les demandes soient intégralement acceptées. Jusqu’à preuve du contraire, et malgré ses imperfections, la démocratie telle que nous la vivons au Québec présente certaines caractéristiques, notamment un système de droit applicable à tout le monde. À cela s’ajoute bien sûr l’inclusion de toute la population dans la recherche du bien commun et de son respect par ceux et celles qui estiment justifié de recourir à la manifestation pour faire valoir leur point de vue. Sans oublier le refus de l’intimidation et de la violence, qu’elle qu’en soit la nature, pour faire valoir ses opinions. Et que refuser par exemple de respecter une injonction au nom de la liberté démocratique, c’est exiger une chose et son contraire. Sinon, on parle d’un autre système. -30-

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