19 novembre 2015
Quelle sécurité?
Par: Pierre Bornais
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Les événements de Paris ont provoqué une vague d’incertitude et de peur aux quatre coins de la planète. Rien d’anormal dans ces réactions, compte ­tenu de l’horreur suscitée par les ­terroristes prêts à mourir en faisant un maximum de victimes innocentes. À la condition de ne pas s’y accrocher au point d’affecter la vie de chacun au quotidien et ce, de façon durable.

En écho à cette peur insidieuse, il y a un besoin de sécurité que tous nous revendiquons. Il revient aux leaders de la société de rassurer la population et de prendre toutes les mesures requises pour éviter que de tels événements se produisent chez nous.

Mais il faut rester réalistes et accepter que cette sécurité soit relative dans la mesure même où le risque zéro n’existe pas. Et que « l’ennemi » est déjà à l’intérieur, comme le confirment les spécialistes qui parlent de milliers de candidats potentiels, disséminés dans toutes les régions.

On aurait tort par conséquent de transférer uniquement ces soupçons sur les réfugiés que le Canada se prépare à ­accueillir. Oui, le risque que des ­terroristes fassent partie de ces exilés est réel; et un seul d’entre eux serait de trop! Il faut donc prendre le temps nécessaire pour procéder aux enquêtes et recherches requises avant d’ouvrir nos portes.

Il ne faudrait pas s’imposer des échéances strictes dans le temps – et ­basées sur une seule promesse électorale – au risque de provoquer un autre désastre dans le temps.

Car la résistance est bien réelle, quelles qu’en soient l’origine et les raisons, dans plusieurs communautés et ce serait une erreur de ne pas en tenir compte.

Sans oublier enfin qu’il n’est pas ­question d’objets, mais de personnes qui sont en exil dans des conditions précaires depuis trop longtemps déjà.

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