1 octobre 2015
Question d’offre et de gestion
Par: Christian Vanasse
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Des tracteurs font le pied de grue devant le Parlement, des agriculteurs agitent des pancartes et leur syndicat fait pression ­redoutant que le gouvernement, encore conservateur jusqu’au 19 octobre, ne ­sacrifie la gestion de l’offre sur la table des négociations du Partenariat TransPacifique (PTP).

Oui je sais, c’est moins sexy que de ­parler niquab à la cérémonie d’assermentation ou de la retraite de Francis ­Bouillon, mais ça risque juste d’avoir une incidence un tout petit peu plus concrète sur nos vies. Surtout en région agricole où l’on sait très bien ce qu’est la gestion de l’offre. Sinon du beau-frère à notre ­cousine éloignée on peut se le faire expliquer rapidement.

Et si on sait ce que c’est, on devrait aussi savoir ce que sont les conservateurs : adeptes du libre marché, adversaires des syndicats et de toute politique qui ­ressemble de près ou de loin à du ­­protectionnisme.

La rumeur veut qu’on ouvre 10 % du marché du lait aux producteurs étrangers. Une simple porte ouverte, mais qui ­donnerait ensuite accès à toute la maison. Aujourd’hui 10 %, demain 20, pourquoi pas 50? Et tant qu’à faire une brèche dans le pot de lait, pourquoi ne pas dire tout de suite adieu à veaux, vaches et cochons?

Maxime Bernier tente de rassurer en ­affirmant qu’il fera tout pour protéger la gestion de l’offre. Ainsi parle le renard à qui on a donné les clés du poulailler. « Ne vous inquiétez pas et dormez tranquille. » Le lendemain si on se réveille et qu’on ­réalise que le renard a mangé deux poules, il nous répondra sans doute, plume au bec : « Oui, mais j’en ai épargné huit! » On pourra bien se maudire de lui avoir fait confiance, mais pas autant que si on lui redonnait aussitôt les clés.

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