13 août 2020
Ne pouvant se battre au Québec
Raphaël Courchesne montera sur le ring… en France
Par: Maxime Prévost Durand

Raphaël Courchesne s’envolera pour la France à la fin du mois pour participer à un gala présenté en association avec son promoteur, Eye of the Tiger. Photo Vincent Éthier - EOTTM

Il aura fallu une pandémie pour que Raphaël Courchesne dispute un premier combat à l’extérieur du Québec. Comme il est toujours interdit de tenir des combats de boxe au Québec, même à huis clos, selon les directives de la santé publique, le promoteur Eye of the Tiger enverra le Maskoutain et deux autres de ses boxeurs, Vincent Thibault et Luis Santana, se battre en France à la fin août.

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« Je suis vraiment content. C’est tellement une belle opportunité », s’est exclamé Courchesne, lorsque joint par LE COURRIER le 6 août, au lendemain de l’annonce d’Eye of the Tiger. « J’ai reçu un appel le 22 juillet pour me demander si j’étais prêt à me battre en Europe à la fin août et le 27 juillet, c’était confirmé. »

Le pugiliste de 21 ans sait qu’un combat de six rounds l’attend, mais quelques détails restaient à déterminer, notamment l’identité de son adversaire. Toutefois, le simple fait de savoir qu’il pourra renouer avec l’action le réjouit au plus haut point.

Le gala en question sera présenté le 29 août aux Arènes du Cap d’Adge par le promoteur Asloum Event, avec lequel Eye of the Tiger s’est associé pour l’occasion. Neuf combats seront au programme, dont six mettant en vedette des athlètes français. Des spectateurs devraient être présents.

Dès son arrivée en France, prévue autour du 23 août, Raphaël Courchesne devra subir un test de dépistage de la COVID-19. À la réception du résultat négatif, il entrera dans une « bulle » à l’hôtel où logeront les boxeurs. Le protégé du Club de boxe de Saint-Hyacinthe n’aura pas de quarantaine à faire à son arrivée puisque cela n’est plus obligatoire pour les voyages en France, mais il devra s’isoler pour deux semaines à son retour au Québec.

En raison du déplacement et des mesures qui doivent être prises, notamment en revenant au Québec, son entraîneur Marc Seyer ne l’accompagnera pas. Ce sont plutôt Samuel Décarie, Vincent Auclair et Giuseppe Moffa, fils de l’entraîneur Mike Moffa, qui accompagneront les boxeurs québécois.

Une longue pause

Il y a près de 11 mois que Raphaël Courchesne n’a pas livré un combat. Sa dernière présence dans l’arène remonte à septembre dernier, alors qu’il avait conservé sa fiche immaculée en signant sa 8e victoire, remportée par décision unanime face au Mexicain Javier Mercado dans un gala au Casino de Montréal.

Il était prévu qu’il boxe à nouveau en décembre, cette fois au Centre Bell, mais il s’agissait d’un combat de réserve et le Maskoutain ne s’était finalement jamais rendu jusqu’au ring en raison du temps limité restant au gala. Un autre rendez-vous avait été raté en mars après qu’il se soit déchiré un ligament au coude à l’entraînement. Le combat était donc tombé à l’eau, mais l’arrivée de la pandémie au Québec au même moment avait de toute manière forcé l’annulation de tout le gala.

La période de confinement qui a suivi a permis au jeune boxeur de profiter des derniers mois pour se remettre de cette blessure et garder la forme à la maison.

Avec la reprise de plusieurs activités sportives au Québec, il s’insurge toutefois qu’il soit toujours impossible de pratiquer des combats de boxe. Le président d’Eye of the Tiger s’est fait très volubile à ce sujet dans les médias dans les dernières semaines.

« Je vois ça comme une injustice, a affirmé Courchesne. Ce sont des docteurs qui prennent ces décisions et, nous, on est un sport où on reçoit des coups sur la tête, c’est clair qu’ils n’aiment pas ça. Mais on peut jouer au soccer et au football par contre… »

Selon lui, plusieurs boxeurs ont été « démotivés » par ces mesures qui demeurent strictes pour cette discipline. Dans son cas, il n’a pas été trop affecté et a continué de s’entraîner comme il le pouvait. « Je me suis entraîné pendant tout le confinement pour que, aussitôt que ça déconfine, je sois prêt à me battre. » Ses efforts seront récompensés.

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